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Le bruit du Silence

Arbre Silence Harmonie

Au-delà du matériel, ce n’est pas le néant mais le spirituel, invisible et pourtant si lumineux, un peu comme un blanc immaculé mélangeant la lumière de toutes les couleurs. Évoquer la luminosité de l’invisible peu paraître surprenant, tout comme évoquer le bruit du silence. Mais quand on pense Infini, on est bien obligé d’admettre qu’au-delà du réel, au-delà d’une certaine dimension on atteint le Rien et que, paradoxalement, ce Rien englobe le Tout car il est Esprit (tellement puissant qu’il dépasse tout ce qu’on peut imaginer).

Le Cri MunchConcernant le bruit, il est admis que le plus fort de l’histoire de la Terre a eu lieu lors de l’éruption du volcan Krakatoa en Indonésie (en 1883), entendu jusqu’à 5000 km de distance. Les cendres émises se sont propagées jusqu’en Norvège, provoquant un coucher de soleil rouge flamboyant dans le fjord d’Oslo, ce qui a inspiré le peintre Edvard Munch dans son tableau « Le cri« . À propos de cet événement, le peintre écrivait : « Je me promenais sur un sentier avec deux amis – le soleil se couchait – tout d’un coup le ciel devint rouge sang (…) je sentais un cri infini qui passait à travers l’univers et qui déchirait la nature. » Au-delà de ce bruit effroyable, destructeur comme 13000 bombes atomiques du gabarit de celle lancée sur Hiroshima, que peut-il y avoir de pire ? Rien de plus fort ! Il n’y a donc que le silence, la puissance infinie du Silence mais une puissance paisible, une puissance pacifique car rien ne peut dépasser l’extrême, mis à part son complémentaire (celui qui l’englobe) et qui, paradoxalement, apparaît comme son opposé.

Remarque : Il s’agit là d’un « raisonnement par l’absurde ». Si au-delà de l’extrême il y avait un phénomène de même nature, alors c’est lui qui deviendrait l’extrême. Il faut donc admettre que ce qui dépasse le maximum maximorum est de nature opposée et que cette inversion se fait de manière très nette (comme le calme apparaissant soudainement après la tempête).

Cet événement exceptionnel, reconnu comme le plus fort de l’histoire par l’onde de choc et le bruit induits, rappelle un autre récit : celui concernant le prophète Élie, tel qu’il apparaît dans le Premier livre des Rois (chapitre 19, alinéa 12) que je cite ici : et après ce tremblement de terre, un feu, mais le Seigneur n’était pas dans ce feu ; et après ce feu, le murmure d’une brise légère.

The prophet Elijah nurtured by ravens, graphic collage from engraving of Nazareene School, published in The Holy Bible, St.Vojtech Publishing, Trnava, Slovakia, 1937.

Le morceau de phrase qui m’intéresse est « le murmure d’une brise légère ». La traduction de l’Hébreu est cependant incertaine et, selon les auteurs, on trouve aussi « une voix douce, subtile », « un murmure doux et léger » ou encore « le bruit d’un souffle léger ».

Dans l’ouvrage Elie ou l’appel du silence (Coll. Parole présente, Cerf, Paris 1992), Michel Masson (professeur d’Hébreu) présente une analyse très précise de la traduction de ce bout de phrase. En Hébreu, le groupe de mots à traduire est Qol demama daqqa ; Qol (tout ce que perçoit l’oreille, bruit, voix, cri, vibration, son) ; Demama (traduit souvent par brise, ou vibration sonore produite par un être humain) ; Daqqa féminin de daq (mince, fin, ténu, l’adjectif qualifie la poussière). En fait, le mot qui pose problème est Demama. La seule valeur que l’hébreu permette de lui attribuer est silence (damam = devenir silencieux, être silencieux / duma, dumiyya, dumma, dumi = silence / dumam = en silence). Mais si l’on retient le mot silence, alors le texte devient absurde :
Qu’est-ce qu’un bruit de silence ?
Cette interprétation difficile sur l’apparente antithèse « bruit du silence » amène Michel Masson à supposer que c’est justement parce que Élie est un mystique qu’il peut entendre cette petite voix que Dieu lui adresse (il précise qu’il ne faut pas la confondre avec une autre petite voix intérieure, celle de notre conscience). Il s’agirait donc là d’un privilège accordé aux mystiques dont il dresse une courte liste (Bernadette Soubirous, Jeanne d’Arc, Moïse, Thérèse d’Avila) et à laquelle il rajoute les yogi. Finalement, la meilleure traduction qu’il retient est « le bruit d’un silence ténu » qu’il attribut à un état psychique particulier du mystique percevant (cf. bruit) un silence correspondant à une forme d’extase.

Cette interprétation me semble tout à fait pertinente : Il faut être dans un certain état de pureté pour percevoir cette petite voix qui nous chuchote au fond de l’âme et l’exemple des yogi est bien approprié. Je rajouterai, néanmoins, l’exemple du nourrisson venant au monde, c’est-à-dire chacun d’entre nous, si nous apprenons à nous souvenir de cette époque. Je ne pense pas que les mystiques aient l’exclusivité pour aller au fond de leur psyché chercher « leur foi en soi » (car il s’agit bien de cela), même s’ils sont capables d’atteindre un haut degré de méditation. Nous sommes tous aptes à découvrir ou à retrouver notre spiritualité. Bien sûr, il faut apprendre à reconnaître cette petite voix très profondément ancrée en nous et ne pas la confondre avec notre conscience beaucoup plus superficielle (qui nous dit ce qu’il faut faire ou ne pas faire).

Il y a plusieurs façons de lire le Premier livre des Rois. Cette œuvre est d’une immense valeur, c’est même l’une des meilleures de la littérature hébraïque, vivante, bien construite et pensée par un artiste (selon le professeur Michel Masson). Il s’agit avant tout d’un livre de contes très ancien (plusieurs siècles avant JC) relatant l’histoire du peuple Juif et la lutte des prophètes contre le paganisme. Ce livre fait partie d’un ensemble d’ouvrages contenus dans l’Ancien Testament.

Ce n’est pas le côté sacré ou religieux de ce livre qui m’intéresse ici (cela ne me regarde pas) ni son côté historique (beaucoup trop incertain) mais son côté populaire révélateur des traditions, des modes de vie et des modes de pensée de cette époque très éloignée.
Je ne souhaite pas, non plus, entrer dans la polémique qui consiste à distinguer paganisme et judéo-christianisme ou autre monothéisme qui n’est qu’une question de sensibilité ou de croyance. Dans tous les cas, il s’agit de superstitions, peu importe que Dieu soit divinisé à travers la Nature ou par l’intermédiaire de prophètes, peu importe que la relation au divin soit orchestrée par des magiciens et devins ou par un clergé érudit, il n’y a pas de différence sur le fond. Seule la forme des sacrifices et des incantations diffère. Rien n’a été constaté vraiment, pas plus les mythes et les fables païennes que les miracles. Tout cela relève de traditions populaires, des us et coutumes de nos ancêtres et c’est précisément cela qui m’intéresse ici.
À propos de l’importance des contes et des croyances ancestrales, Wilhelm Mannhardt (anthropologue, mythologue, folkloriste Allemand) écrivait dans un questionnaire (Bitte, 1865) adressé à ses homologues de l’époque : (…) ; il faut découvrir jusqu’à qu’elle distance chaque tradition s’est répandue, quelle en était la forme primitive, et d’où elle a tiré son origine ; en un mot il faut se procurer une abondance de faits sur les usages populaires. Le but de son initiative était de lancer un projet universel pour que le récit des traditions populaires ne disparaisse pas avec l’arrivée du siècle du progrès.
De ce point de vue, le Premier livre des Rois est un document essentiel / universel pour comprendre la vie la plus profonde de nos ancêtres et leurs croyances primitives. Et c’est dans ce livre (chapitre 19, alinéa 12) qu’il apparaît une notion fondamentale que Michel Masson nomme l’appel du silence (cette petite voix tranquille qui nous parle au fond de notre âme) en opposition à la colère impulsive des éléments (la Terre, l’Eau, l’Air et le Feu).

Remarque : Dans l’Ancien Testament, Dieu est présenté sous des aspects spectaculaires. Au chapitre 19 (alinéa 12) du « Premier livre des Rois », Dieu n’est plus dans le spectaculaire, il se signale au contraire par le « bruit d’un souffle léger », c’est-à-dire l’opposé de la violence de l’ouragan, du tremblement de terre et du feu (voir chapitre 19, alinéa 11). Bien sûr, cette vision est allégorique mais elle n’est pas contradictoire avec mon raisonnement au début de cet article.

À ce stade de la réflexion, je me sens en porte-à-faux probablement à cause d’une tendance athéiste qui me conduit à renier toute forme de divinité et en particulier celle au caractère spectaculaire. Par contre, je suis tout à fait convaincu de la foi en soi, cette connaissance qui n’est pas raison mais qui est vérité et qui m’est soufflée au fond de mon âme. Autrement dit, j’adhère sans hésiter à la notion décrite par Michel Masson sous la désignation d’appel du Silence qui incarne le Monde et dont mon âme fait partie.

C’est le bruit de ce Silence qui chuchote au fond de ma psyché quand je réussis à m’isoler du vacarme qui m’entoure, c’est le bruit de ce Silence qui me fait devenir ce que je dois être (en comblant ma carence d’être), c’est le bruit de ce Silence qui éveille ma spiritualité.

Hélas, nos sociétés modernes font taire le silence pour ne plus entendre cette petite voix qui leur parle de paix et d’amour, et ainsi pouvoir souiller, violer, tuer, détruire la beauté et la pureté du monde sans remord ni regret et leur vacarme est de plus en plus fort et l’humanité est de plus en plus folle. Il est grand temps de se taire nous-même, d’oublier l’accessoire et de revenir à l’essentiel en cherchant à retrouver et à entendre cette petite voix qui murmure au fond de notre âme.

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Cette analyse montre bien les contradictions de la pensée humaine à travers son histoire : Depuis les prémices de nos civilisations primitives, en passant par l’ancienne mythologie, l’archéologie chrétienne et jusqu’aux paradigmes de la modernité, il y a toujours eu une fascination affichée pour le spectaculaire, guerrier et punitif, opposée à un simulacre de croyance pour l’appel à la sagesse et à la paix. Qu’il s’agisse des vénérations païennes ou des vociférations prophétiques des éléments, l’humain a toujours été ébloui par l’accessoire mais est resté sourd à l’essentiel, c’est-à-dire au bruit du Silence.

La tendance actuelle (je pense aux nouvelles vagues Peace and Love et en particulier à leur grand penseur, le père de la Deep Ecology : Arne Næss) est de s’affranchir de ces contradictions civilisationnelles et de revenir aux fondamentaux, c’est-à-dire aux philosophes présocratiques (philosophes de la nature) qui ont cherché à définir précisément ces fameux éléments. Ainsi, Empédocle, au cinquième siècle avant JC, en avait désigné quatre qui composaient le monde : la terre, l’eau, l’air et le feu. Ce sont effectivement les plus visibles, les plus spectaculaires, ils sont matériels.
Pourtant, il y a un cinquième élément (spirituel), invisible, parfaitement discret mais certainement le plus important car sans lui, il n’y aurait rien. C’est lui qui fait le lien entre tous les éléments matériels, il est l’Esprit du Tout, et Souffle la paix et l’harmonie, l’amour et la création, il est l’Intelligence cosmique, le haut et le bas, l’infiniment grand et l’infiniment petit. Ce qui symbolise le mieux ce cinquième élément, essentiel, c’est l’Arbre, silencieux, nourri par la terre, l’eau, l’air et le feu du soleil, enraciné entre le haut et le bas, protecteur du monde vivant et minéral.

Je terminerai cet article en citant quelques extraits de l’ouvrage écrit par Alexandre Grothendieck : La clef des Songes, qui font référence au bruit du Silence (cette petite voix qui chuchote au fond de notre âme) ou à la foi en soi.

Je dois préciser que Grothendieck rêvait beaucoup et que, par certains de ses rêves, il percevait le bruit du Silence (attention, dans ces citations, les majuscules sont importantes comme dans Silence).

Je suis venu à mes rêves comme un petit enfant : l’esprit vide, les mains nues. Ce qui me poussait vers certains parmi eux, ce qui me les faisait fouiller avec un tel acharnement avide, était autre chose que la curiosité d’un esprit alerte, intrigué par un « phénomène » étrange, ou fasciné par un mystère troublant, ému par une poignante beauté. C’était une chose plus profonde que tout cela. Une faim me poussait que je n’aurais su moi-même nommer. C’est l’âme qui était affamée. Et par quelque mystérieuse grâce, se surajoutant à celle de l’apparition de tel ou tel rêve « pas comme les autres », j’ai su parfois sentir et cette faim, et la nourriture à moi destinée. J’étais comme un nourrisson sous-alimenté, chétif et affamé, qui sent la mamelle toute proche.

Si j’ai appris sur les rêves les choses qui ne se trouvent pas dans les livres, c’est pour être venu à eux dans un esprit d’innocence, comme un petit enfant. Et je n’ai aucun doute que si tu fais de même, tu apprendras, non seulement sur toi-même, mais aussi sur les rêves et sur le Rêveur, des choses qui ne sont pas dans ce livre-ci ni dans aucun autre. Car le Rêveur aime à se livrer à celui qui vient à lui en enfant. Et ce qu’il révèle à l’un, sûrement, n’est pas ce qu’il révèle à un autre. Mais les deux s’accordent et se complètent. C’est pourquoi, pour faire connaissance de tes rêves, et de Celui qui te parle par eux, point n’est besoin que tu me lises ni que tu lises personne. Mais d’apprendre quel a été mon voyage et ce que j’ai vu en chemin t’encouragera peut-être à entreprendre ou à poursuivre ton voyage, et à ouvrir grands tes yeux.

Confronté au premier rêve de ma vie que j’aie sondé, l’idée ne me serait venue d’une « clef » ou d’une « façon de procéder ». Pas plus que l’idée de mon inexpérience. Le bébé qui veut téter ou qui tète se pose-t-il des questions sur son « inexpérience » ? ! Il réclame à tue-tête ou il tète, cela lui suffit. Pour le marmot avide de téter, la clef de la totosse, ouvrant accès au lait généreux qui gonfle la mamelle rebondie, ce n’est ni plus ni moins que la faim qui le pousse, ce cri d’un corps affamé, qui exige son dû sans y aller par quatre chemins. Comme un sein maternel, le « grand rêve » nous présente un lait dru et savoureux, bon pour nourrir et vivifier l’âme. Et si la Mère se penche sur nous ainsi avec bonté, c’est qu’Elle sait, Elle, même quand nous l’ignorons, que l’âme tel un nourrisson famélique, est affamée. Et la « clef » du rêve, le « Sésame ouvre-toi ! » ouvrant accès à ce lait tout proche dont nous sentons les effluves obscurément – cette clef est en toi. C’est cette faim, la faim d’une âme affamée.

C’est cette faim en toi, et l’humble voix de cette faim, mal assurée, comme honteuse d’elle-même – c’est là la « clef du grand rêve », du rêve messager. Il n’y en a pas d’autre. Elle tourne sans bruit, et rien ne semble se passer. Tant que tu n’as pas tourné jusqu’au bout, rien ne se passe et rien ne s’est passé – rien en tous cas qui ne puisse, dans les minutes déjà qui viennent, reglisser dans les marécages de l’oubli et disparaître. C’est quand tu as tourné jusqu’au bout, seulement, que soudain, tout a changé : tu étais devant une porte fermée, et la voici miraculeusement ouverte lumière. Tu étais dans la noir ou dans la pénombre, et voici une irruption de lumière ! C ‘est là le signe que tu as été « jusqu’au bout », que tu as touché le fond du rêve, bu le lait à toi destiné. Tu ne risques pas de t’y tromper. Celui qui a vécu un tel moment, ou ne serait ce que la découverte de ceci ou de cela (et qui ne l’a vécu, ne serait-ce que dans son enfance !) – celui-là sait bien de quoi je parle : quand d’un magma informe soudain naît un ordre, quand une obscurité soudain s’éclaire ou s’illumine …

Quand tu fais taire en toi cette « autre voix », pour suivre benêtement celle que tout le monde suit, tu te coupes du meilleur en toi. Sans elle, tu ne peux découvrir, ni les choses extérieures à toi, ni les choses en toi. Sans l’écouter, et aurais-tu lu tous les livres du monde, tu ne peux entrer dans un seul de tes rêves. À vrai dire, cette voix-là, sûrement, est la même que celle qui te parle par le rêve. C’est celle du Rêveur, celle de la Mère. Elle te murmure tout bas où se trouve le vrai lait, celui auquel aspire non ta surface, mais ta profondeur. Il est tout proche de tes lèvres. Et il ne tient qu’à toi de boire.

Quand on parle de « foi », on pense généralement à la « foi en Dieu » ou en une religion déterminée, ou en une croyance particulière. Ce n’est pas de cela qu’il est question ici, visiblement, ni de la « foi » en telle personne ou telle autre. Il s’agit d’une « foi » en quelque chose d’immédiat, qui se passe en nous-même à l’instant même : cet acte de connaissance qui vient d’avoir lieu, nous désignant telle chose comme « vraie », ou comme importante. On pourrait dire que c’est une foi « en soi-même », ou pour mieux dire : une foi en certaines choses qui se passent en nous, nous ne savons nous-même pourquoi ni comment, en certains moments de vérité perçus comme tels. Un instinct obscur et sûr nous avertit que de ne pas faire confiance sans réserve à cet acte qui vient d’avoir lieu, à cette perception aiguë nous livrant une connaissance certaine, serait une abdication, une renonciation à la faculté, dévolue à nous comme à chacun, d’une connaissance personnelle, directe et autonome de choses qui nous concernent.

Dans quelle mesure un tel état nous vient comme une grâce, comme un don gratuit venu d’ailleurs, et dans quelle mesure il dépend de nous d’une rigueur, d’une probité, d’un courage … – c’est là un mystère. C’est pour moi un des grands mystères de la psyché, et de sa relation à la Source de toute connaissance.

Je crois que dans le sillage immédiat de tout grand rêve, venant apporter une nourriture essentielle à l’âme affamée, la « voix de la faim » est bel et bien présente – le marmot braille bel et bien ! S’il est si rare pourtant que le rêve fasse « mouche », c’est parce qu’il y a quelqu’un (le « petit diable » péremptoire dont je parlais, alias « la voix de la raison ») qui s’empresse de faire taire le braillard affamé. Pour le dire autrement : il y a bien la « clef » du rêve, à portée de la main – mais la main, au lieu de s’en saisir pour l’usage qui s’impose, la jette à la ferraille (comme chose ridicule et déraisonnable à souhait …). Cela fait, on se gratte la tête et on se dit : qu’est-ce qu’il peut bien vouloir dire, ce rêve pas comme les autres que je viens de faire ? ! Et si on a du temps de reste, on va fouiller dans un livre sur les rêves, ou on va en parler à son psychanalyste …

J’ignore si le récit naïf et sans fard de ma propre expérience t’aidera (ou aidera quiconque) à « sauter le pas », à entrer dans un de tes grands rêves. Ce que je sais par contre, c’est qu’en l’absence de l’acte de foi dont je parlais, aucun auxiliaire technique (dictionnaire, méthode, analyste) ne te sera du moindre secours. Le Rêveur ou Dieu en personne viendrait-il t’expliquer en long et en large le sens du rêve, par le langage des mots venant seconder la langue du rêve que tu récuses, que cela ne te servirait de rien. Tu dirais : « Oui, comme c’est intéressant ! Merveilleux ! », et ça entrera dans une oreille pour sortir vite fait par l’autre. L’oreille spirituelle j’entends, qui est la seule ici qui compte. Ce n’est pas une question de concepts que la raison assemble et que la mémoire retient. C’en est aussi loin que le jeu d’amour est loin d’un traité gynécologique, ou le parfum de la femme aimée, ou d’une fleur que tu respires, est loin de la formule chimique qui prétend le « décrire ».

Je discerne, dans le processus de la découverte, des « moments » différents, ou « étapes » différentes, se déroulant dans un ordre et suivant un scénario qui semblent bien, pour l’essentiel, être les mêmes d’un cas à l’autre. Il en est deux, plus ou moins longues et laborieuses, pour lesquelles le « facteur temps » semble un ingrédient essentiel, tout comme pour la croissance d’une plante, la maturation d’un fruit, ou pour la gestation du fœtus dans les replis de la matrice maternelle. Ils « travaillent avec le temps », se déroulent dans la durée ». J’en vois deux autres, par contre, qui paraissent plus ou moins instantanées, telle l’étincelle qui fuse, la flamme qui jaillit, l’édifice qui s’écroule. Telle aussi ta naissance et l’irruption à la lumière, que préparent les obscurs labeurs de l’enfantement … Voici ces « quatre temps » marquant le rythme de la création, tels les flux et reflux d’une respiration infinie, telles les mesures dans un contre-point qui n’a commencement ni fin. (…). Et l’accomplissement de l’acte est en même temps déclenchement de l’acte suivant, souffle suivant souffle et mesures s’enchaînent aux mesures au fil des moments et des ans et des temps et des saisons de ta vie – et au fil de tes vies de naissance en mort et de mort en naissance, pour chanter un chant qui est ton chant – chant unique, chant éternel, chant précieux qui s’enlace aux autres chants de tous les êtres ayant souffle de vie, dans l’infini Concert de la Création. Seul le Maître de l’Orchestre entend le Concert dans sa totalité, comme aussi dans chacune de ses voix et dans chaque modulation et chaque mesure de chaque voix. Mais pour peu que nous tendions l’oreille, nous autres musiciens-chanteurs pouvons parfois saisir au vol les bribes éparses d’une splendeur qui nous dépasse et à laquelle pourtant, mystérieusement et irremplaçablement, nous participons.

Cette dernière citation, écrite avec tant de poésie, nous entraîne dans l’Aventure éternelle de l’Âme qui Soufflait avant la nuit des temps et qui Soufflera après la fin du monde (monde tel que nous le conceptualisons par les prouesses de notre cerveau humain ne donnant pourtant qu’une image très approximative de ce court instant de quelques millions d’années depuis que l’homme existe).
L’Âme est l’Esprit du Tout (Âme incarnant le monde actuel, parallèle, passé ou futur) que j’appelais plus haut le Rien (par opposition au néant) et chacun de nous est lui-même incarné par son âme (fractale de l’Âme). C’est cette âme – empreinte de l’Esprit du Tout – qui imprègne les fin-fonds de notre corps. Elle est imperceptible mais se révèle à nous par différents processus passagers – tel le bruit du Silence – qu’il faut savoir saisir et qu’il faux apprendre à déchiffrer – en découvrant et en explorant la foi en soi – .
Nous ne sommes pas les seuls à posséder une âme parmi tous les êtres vivants du règne animal et végétal, parmi les autres règnes y compris minéral, parmi tous les éléments constituant l’univers, des plus petits (microscopiques) jusqu’au plus grands (galactiques). Chacun possède une âme et chaque âme a pouvoir de vérité et de création. Ainsi chacun joue son rôle et participe à cette grande Aventure sans fin ni commencement.

Addenda : Ce petit clip YouTube, avec en musique de fond « The sound of the silence » (Simon & Garfunkel) pour illustrer le concert de la grande Aventure, orchestré par le bruit du Silence et réarrangé sous la forme suivante :

La valse de la Création

poeme Silence

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Conclusion : Certains appellent Dieu ce que j’appelle ici le Rien et donc je crois en Rien (qui n’est pas le néant) d’où mon athéisme qui n’est pas nihilisme.

 

 

 

Ermite dans les Monts Tarcău (Roumanie)

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Nature, humilité, amour, pureté …
Des mots que l’homme moderne ne comprend plus.

Entendez comme c’est beau :

 » De même qu’une mère nourrit son bébé et lui donne la vie par son sein, Dieu verse en nous la foi pour nourrir notre âme « 

… c’est la ‘ foi en soi ‘ qu’on doit aller chercher au fond de nous par la méditation ou tout autre chemin, tout au long de notre vie, pour combler notre ‘ carence d’être ‘.

(voir aussi l’article ‘ Le bruit du Silence ‘)

Remarque: C’est l’homme sage qui m’a ému, pas le religieux. C’est donc volontairement que j’ai traduit ce qu’il a dit en substance, sans entrer dans l’enrobage du discours chrétien. Cet ermite est aussi un moine orthodoxe qui ne peut pas renier son héritage ecclésiastique ni oublier l’endoctrinement qu’il a subi par les enseignements catéchétiques … Il ne parle pas vraiment de la ‘ foi en soi ‘ mais plutôt du ‘ Saint Esprit ‘ qui aurait privilégié l’âme de l’humain et ceci dans une logique créationniste. L’enrobage n’est que détail accessoire, l’essentiel est atteint par la sagesse de cet homme et son message s’adresse à tout le monde. Entendons le comme un appel à retrouver notre spiritualité.

Cette analogie entre – maternité et allaitement vis à vis de la vie – et – spiritualité et ‘ foi en soi ‘ vis à vis de l’âme (souffle de vie alimenté par le ‘ bruit du Silence ‘) -, représentée par l’image de l’enfant qui vient de naître attiré vers la source (le sein) par amour (maternel), est souvent utilisée par les sages qui ont su trouver la ‘ foi en soi ‘ ; qu’ils soient athées, païens ou théistes (cela n’a aucune importance d’ailleurs).
Cette analogie permet de faire le lien entre l’existentiel et le spirituel, entre notre animalité et notre prédisposition (connaissance innée) à reconnaître l’âme qui nous incarne. Elle nous rappelle aussi que cette connaissance innée (différente de la connaissance acquise par l’éducation ou l’enseignement) est intacte chez le nourrisson mais se dégrade au fil des âges par l’endoctrinement de nos civilisations.
Alexandre Grothendieck, Ernst Zürcher, cet ermite orthodoxe et beaucoup d’autres disent que pour comprendre la subtilité de notre être (dans toutes ses dimensions), il est essentiel de retrouver notre façon d’approcher le monde comme à l’âge où nous venions de naître. Et pour cela, nous devons accomplir un travail sur nous-même nous permettant de faire abstraction de notre anthropocentrisme civilisationnel et de retrouver notre pureté, notre humilité et notre amour au sens le plus large qui soit.

Le plus simple pour atteindre cet état de plénitude est de s’isoler en nature (loin du vacarme des villes), de s’isoler des médias (loin du vacarme de la propagande) et d’adopter un mode de vie basé sur la simplicité et sur la paix. Essayez, tentez cette expérience et vous découvrirez qui vous êtes. Les mots racismes, guerres, croissance économique, appropriation, nation, monétisation du travail, profits, consumérisme, etc … disparaîtrons naturellement de votre vocabulaire car ils n’auront plus aucun sens et vous deviendrez sereins.

maternite

 

Christ en bois (Gaston Couté)

ahahah

Christ en bois
(poème de Gaston Couté)

lu ICI en patois de la Beauce par Plume du site Litterature Audio.com

Bon dieu ! La sale commune ! … Ce soir,
personne n’a voulu me recevoir
pour que je me gîte et que je me cache
dans la paille à coté de ses vaches.
Et c’est pour rien que j’ai tiré
le cordon de sonnette à ton curé
et que j’ai cogné chez les dévotes,
les celles qui bredouillent des patenôtres
pour aller dans ton Paradis.
Même pas un quignon de pain rassis
à me fourrer en travers de la gueule,
ils le gardent pour le jeter à leurs poules.
Et c’est pour ça que j’attends venir demain
au bas de toi, sur le rebord du chemin,
en haut du talus, sous le vent de bise
qui ébranle les grands bras
de ta croix grise .
Aie ! … Qu’il pince fort le salaud
et je sens mon nez qui fond en eau
et tous mes membres qui grelottent
et mon cul gelé sous mes guenilles.
Mais tu t’en fous, toi, qu’il fasse froid,
tu as le cul, tu as le cœur, tu as tout en bois !

Hé le Christ ! T’entends-t-y mes boyaux ?
Chanter la chanson des moineaux
qui demandent à picorer quelque chose ?
Hé le Christ ! T’entends-t-y que je te cause
et que je te dis que j’ai une faim de voleur ?
Tellement que si, par devant nous deux,
il passait quelqu’un sur la route,
pour un million comme pour une croûte,
il me semble que je ferais un mauvais coup !
Tout ça, c’est bien, mais c’est point tout ;
après, ça serait en Cour d’Assises
que je te retrouverais ; et, quoi que je dise
les idées que ça donne et l’effet
que ça produit de ne pas avoir bouffé,
les juges ils voudront rien entendre
car c’est des gars qui ne sont pas tendres
pour les ceux qui n’ont pas de position :
Ils ne me rateront pas, les cochons !
Et tu serais plus cochon que mes juges,
toi qui me voit le ventre creux et sans refuge,
tu ne ferais pas une démarche pour moi :
Tu as le ventre, tu as le cœur, tu as tout en bois !

L’autre, le vrai Christ ! Le bon jeteur de sorts
qui était si bon qu’il en est mort,
me trouvant grelottant à cette place,
m’aurait dit :  » Couche sur ma paillasse ! … « 
Et, me voyant comme ça crever de faim,
il m’aurait dit :  » Coupe toi du pain !
Il y en a du tout frais dans ma huche,
pendant que je vais te tirer une cruche
de vin nouveau à mon poinçon ;
tu as le droit comme tout le monde au gueuleton
puisque le soleil fait pour tout le monde
venir du grain de blé la moisson blonde
et la vendange des ceps tordus… « 
Si, condamné, il m’avait vu,
il aurait dit aux juges :  » Mes frères,
qu’il lui jette donc la première pierre
celui de vous qui n’a jamais fauté ! … « 
Mais, toi que les curés ont planté
et qui trône chez les gens de justice,
tu n’es rien … ! Qu’un mannequin au service
des riches qui te mettent au coin de leurs biens
pour faire peur aux moineaux du chemin
que je suis … Et, pour ça, que la bise grande
te foute à bas… Christ de contrebande,
Christ de l’Église ! Christ de la Loi,
qui a tout, de partout, qui a tout en bois ! …

wouah

 
 

États d’âme d’un athée

 – si   Rien est l’Esprit du Tout   alors   je crois en rien   qui n’est pas le néant

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À ceux qui coupent arbres et forêts pour ériger des cathédrales,
À ceux qui lèvent les bras au ciel et vocifèrent les éléments,
À ceux qui lèvent les yeux au ciel dans le vacarme des cloches,
À ceux qui prient et demandent mais qui jamais ne donnent,
À ceux qui dressent, endoctrinent l’enfant qui vient de naître,
À ceux qui aiment le pauvre mais le clouent sur la croix,
À ceux qui aiment la vie mais qui tuent et détruisent,
À ceux qui aiment le monde et qui pillent la nature,
À ceux qui aiment leur dieu mais ont perdu leur âme,
À tous ceux là je dis :
Au lieu de gesticuler, de brailler, de frimer,
Allez donc vous promener,
Taisez vous, détendez vous,
Soyez modestes, soyez vous-même,
Et écoutez le bruit du Silence.
Entendez ce souffle de paix et d’amour,
Vous apprendrez ainsi à devenir des Hommes.

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[ le texte en musique ICI ]
(Blowin’ in the Wind de Bob Dylan)

 

Deux immenses génies évoquent leur spiritualité

 

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Dans « la Clef des songes« , à propos du hasard et de l’intelligence du monde Alexandre Grothendieck écrivait :

Dans l’apparition de la première cellule vivante, visiblement, il y avait une Intelligence créatrice à l’œuvre, proche peut-être par sa nature de l’intelligence et de la créativité humaines mais qui les dépasse infiniment, tout comme celles-ci dépassent l’intelligence et la créativité d’une fourmi ou d’une herbe.
Pour quelqu’un au courant des simples faits bruts, et notamment pour le biologiste, ne pas voir ces choses éclatantes, mais invoquer le sempiternel « hasard » qui aurait créé une telle cascade de merveilles, venant toutes concourir à une harmonie concertante d’une ampleur et d’une profondeur si inouïes, c’est là un aveuglement qui pour moi frise la démence.

Déjà en 1930, Albert Einstein évoquait l’évidence d’une intelligence cosmique qui (je le cite) consiste à s’étonner, à s’extasier devant l’harmonie des lois de la nature dévoilant une intelligence si supérieure que toutes les pensées humaines et toute leur ingéniosité ne peuvent révéler, face à elle, que leur néant dérisoire.

Pour expliquer la beauté et le bien être dans la créativité, Alexandre Grothendieck parle de l’Amour au sens le plus large qu’on peut imaginer, il écrit :

Il est grand temps aujourd’hui que les hommes sachent reconnaître dans Éros la grande force créatrice en œuvre dans l’Univers (…) aussi longtemps que l’homme n’est parvenu à une relation harmonieuse avec cette force cosmique (…) il reste encore, par un côté essentiel de son être, un animal malade (…) il n’est pas pleinement homme encore. Faute de savoir affirmer et assumer notre animalité, sans réserve et sans honte mais avec reconnaissance pour cette richesse merveilleuse à nous confiée, nous sommes par là-même incapables d’assumer notre humanité, et jusque dans certaines de ses manifestations les plus délicates et les plus hautes. Car le haut plonge ses racines dans le bas, et l’arbre est bien malade qui désavouerait la terre qui le porte et qui le nourrit.

Pour Alexandre Grothendieck, Éros n’est autre que la pulsion de vie elle-même ! Et de rajouter Ce n’est ni hasard ni aberration que dans toutes les langues du monde, le même mot « amour » désigne aussi bien la force qui attire l’un en l’autre la femme et l’homme et les fait devenir « une même chair », et l’amour au plan spirituel (…) Renier Éros, se couper de lui, c’est se couper de la source de la créativité en nous, et condamner l’être à se dessécher, non seulement dans les pulsions profondes du corps et dans son intelligence créatrice, mais aussi au plan spirituel, c’est-à-dire dans sa relation à Dieu. Qui renie l’animal en lui renie Dieu, qui a honte de l’animal a honte de Dieu. Car Dieu est dans l’animal comme il est dans l’homme (…) Puissé-je par là aider certains à sortir d’une relation d’ambiguïté immémoriale et à se réconcilier avec cette force qui pulse en nous et à travers toute chose et nous rend créateurs dans notre chair et dans notre esprit. Aussi longtemps que l’homme sera en état de guerre insidieuse ou déclarée contre Éros, aussi longtemps sera-t-il en guerre contre lui-même et contre Dieu, et il dévastera ses semblables et la terre entière pour échapper au conflit ignoré qui l’oppose à lui-même et qui dévaste et désertifie son être. (…)

À propos de Dieu lui-même, Alexandre Grothendieck reste très discret. Après avoir décrit l’Intelligence du monde, l’émanation Éros, il suggère une troisième dimension qu’il appelle Esprit (auquel est rattaché un Sens). Parmi les plus de 1000 pages que comptent « la Clef des songes« , je n’ai trouvé qu’un seul paragraphe (à la page 152), que je vous lis ici, dans lequel Grothendieck présente cette troisième dimension comme à part entière.

Je sais pourtant que l’Univers est autre chose encore qu’une mécanique imbriquée, qui sur la planète terre se serait malencontreusement emballée ; autre chose qu’un jeu de dés idiot du hasard avec la nécessité, autre chose même que la pulsion aveugle d’Éros en rut qui cherche assouvissement sans se soucier si elle crée ou si elle écrase et détruit. Au delà du hasard, des mécanismes, des pulsions, l’Univers est Esprit. En lui se manifeste en tous lieux et en tous temps, secrètement et inlassablement, une liberté créatrice et clairvoyante, un mystérieux propos, une discrète et patiente intention. Il est Sens – un sens si indiciblement riche sûrement, si libre dans sa mouvance sans fin et si intemporel dans son immuable essence, si délicat et secret comme une voix qui murmure dans l’ombre, comme un souffle imperceptible qui passe, comme une timide lueur qui sourd de l’épaisseur de la nuit, et pourtant manifeste et fulgurant comme la clarté insoutenable de mille soleils … – que nul d’entre nous ne le peut saisir dans sa plénitude, mais tout au plus le pressentir ou l’entrevoir, sous le biais et dans l’éclairage uniques que fournit à chacun sa propre existence.

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L’Arbre, lien entre Dieu et le monde

 

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Ernst Zürcher, ingénieur forestier Suisse, mêle science et spiritualité pour percer les liens mystérieux qui unissent l’arbre et l’homme. Dans son approche du monde végétal, il accorde autant de crédit aux croyances ancestrales qu’aux lois de la physique. Quelques extraits du petit film ci-dessous pour percevoir la subtilité et la puissance du message transmis par ce chercheur.

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 » Quand on approche un arbre, il faut mettre l’intellect en retrait puis ouvrir simplement tous nos sens. Je pense que l’enfant accepte tout ce qu’il y a et c’est pour ça que c’est important de bien se souvenir comment on percevait la nature à l’époque. « 

 » Le monde végétal et en connexion, est en échange avec tout un système complexe de rythmes d’origine astronomiques donc il y a 2 enracinements : un enracinement terrestre et un enracinement cosmique, et ça c’est un sacré message pour l’homme ! On n’est plus perdu sur un grain de planète qui va finir n’importe comment, n’importe où, dans on ne sait pas combien de temps. On est enraciné dans autre chose … tout comme les arbres. « 

 » Plus j’entre dans cette compréhension de ces cycles végétaux, de ces interactions entre la vie animale, la vie végétale, plus j’ai l’impression de ne pas être limité à une toute petite vie. Je fais aussi partie d’un grand cycle qui va continuer et qui vient de très loin. « 

 » On dépend de la vie terrestre mais la Terre dépend aussi de notre conscience, de cet impact qu’on a sur elle. Et si on arrivait tous à réaliser à quel point on est aussi capable de changer des choses et de redonner aux forêts leur importance, redonner aux arbres l’importance qu’ils ont. Les arbres n’attendent que ça et la nature réagit extrêmement vite. Il n’y a qu’à voir comment une forêt tropicale se constitue en quelques années. On a un paradis devant nous, il suffit de le vouloir. « 

Cliquer sur ce LIEN pour voir le film

(documentaire de la Radio Télévision Suisse francophone RTS)

papusza

O forêts !
(…)
combien de petits Tziganes ? nés parmi vous
et s’élevant là haut vers les cimes de leur âme comme feuille qui frémit dans le vent.
(…)
Forêts, ils suivent votre chemin.
 

Une vie pour devenir ce que l’on est

 

(lien pour écouter le poème)

AmonAme

Quand on nait, on n’est pas. Nous devons devenir tout au long de notre vie pour combler notre carence d’être (*). Cette nécessaire découverte de soi (que certains appellent la foi) nous oblige à rester modestes car nous ne sommes pas aussi grands que ce que l’on croit ou que ce qu’on nous dit de croire.

(*) Dans cette petite vidéo, Marcel Légaut définit mieux que personne « la carence d’être« , qu’il relie à la recherche de « la foi en soi« .

ArbreHomme