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Concurrence intraguilde chez les chiens

(étude bibliographique)

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RÉSUMÉ :

1 . «Canis familiaris» est le carnivore le plus commun dans le monde et il est connu pour interagir avec la faune (prédateurs, proies, concurrents) et avec les réservoirs ou vecteurs de maladies.

2 . En dépit de ces rôles variés dans la communauté, l’interaction des chiens avec les espèces sauvages sympatriques est mal comprise. Nous passons en revue la façon dont les chiens ont été classés dans la littérature scientifique afin de montrer comment ce classement lié au comportement permet de prédire leurs interactions avec les proies et les carnivores sauvages.

3 . Nous détaillons la preuve que les chiens sont des concurrents intraguildes avec les carnivores sympatriques selon différents critères (chasse, interférences, concurrence apparente).

4 . Les chiens peuvent avoir des impacts localisés sur les populations de proies, mais dans ce cas ils ne sont pas des concurrents vraiment actifs avec les carnivores sauvages. La plupart de ces chiens là sont dépendants d’aliments d’origine humaine et la part des proies sauvages dans leur régime est relativement faible. Toutefois, en raison des apports alimentaires d’origine humaine, leur nombre n’est pas limité par la disponibilité de nourriture dans l’écosystème, ils peuvent atteindre de très fortes densités, et (dans les cas extrêmes) ils pourraient prendre la place de carnivores sauvages indigènes, en particulier lorsque les proies sauvages sont limitées.

5 . Les chiens peuvent aussi être des concurrents efficaces, surtout avec les carnivores de taille moyenne et petite. Dans ce cas, ils jouent leur rôle de canidés actifs dans la communauté des carnivores, en particulier dans les zones où les autres carnivores sont peu nombreux.

6 . Les chiens peuvent aussi être des réservoirs pathogènes car la plupart des populations du monde entier sont en liberté et non vaccinées. Des maladies telles que la maladie de Carré canine ou la rage ont entraîné le déclin des populations de certains carnivores coexistant avec les chiens, quand ceux ci étaient en trop forte densité.

7 . Nous proposons une interprétation qui permet de mieux comprendre les interactions entre chiens et autres carnivores et qui pourrait expliquer l’influence des chiens sur les communautés sauvages indigènes.

 

INTRODUCTION :

Les chiens sont les carnivores les plus répandus dans le monde à cause de l’influence humaine (Wandeler et al., 1993). La plupart des chiens aspirent à la liberté indépendamment du fait qu’ils sont détenus et, pendant leurs nombreuses escapades, ils peuvent interagir avec la faune sauvage à plusieurs niveaux, y compris en tant que prédateurs (Kruuk Et Snell, 1981 ; Campos et al., 2007), que proies (Edgaonkar & Chellam, 2002), que concurrents (Butler du Toit & Bingham, 2004 ; Vanak, Thaker & Gompper, 2009), que réservoirs ou vecteurs de maladies (Cleaveland et al., 2000 ; Funk et al., 2001 ; Butler et al., 2004 ; Fiorello, Noss & Deem, 2006). Malgré cela, l’impact des chiens sur les milieux naturels n’a pas été bien documenté et nous savons peu de choses sur l’aspect écologique des interactions entre chiens et carnivores sympatriques.

Des éléments liés à la dynamique concurrentielle entre carnivores sauvages suggèrent que la concurrence intraguilde influe sur la persistance et sur l’abondance des populations de grands carnivores et peut donc avoir des conséquences sur la structure des communautés de carnivores sauvages ( Karanth et Sunquist, 2000 ; Linnell & Strand, 2000; Creel, Spong & Creel, 2001 ; Caro & Stoner, 2003).

Lorsque les populations de grands carnivores sympatriques sont en concurrence pour les ressources, cette compétition se traduit, dans les modèles spatiaux, par l’exclusion totale ou partielle d’au moins une espèce ainsi qu’une répartition dispersée des espèces dans les territoires (Johnson, Fuller et Franklin, 1996 ; Creel et al., 2001).

Classification des chiens en liberté :

Les chiens modernes ont évolué à partir du loup «Canis lupus» gris, et les preuves actuelles suggèrent une seule origine en Asie (Savolainen et al., 2002). Le processus de domestication a donné lieu à un changement de la taille du corps et de la configuration cranio-dentaire (Clutton-Brock, 1995 ; Coppinger & Schneider, 1995). Suite à ces changements morphologiques, les chiens sont capables de consommer un large éventail d’aliments et de récupérer les déchets rejetés par les humains. Cependant, la socio-écologie et l’alimentation des chiens varient en fonction de leur degré de dépendance à l’homme, ce qui affecte dans une grande proportion leur compétitivité avec les carnivores sauvages. Par exemple, MacDonald & Carr (1995) ont observé de grandes différences dans l’organisation sociale des chiens en liberté selon qu’ils vivent dans des villages ou qu’ils errent en pleine campagne. Les chiens de village défendent leur territoire et sont la plupart du temps solitaires, alors que les chiens «livrés à eux-même en pleine nature» (chien férals) mènent une vie assez proche de celle du loup, formant souvent des meutes bien qu’occasionnellement ils puissent être solitaires (Boitani et al., 1995). Les chiens de village dépendent entièrement des humains pour la nourriture. Les chiens férals sont plutôt opportunistes, ils se nourrissent de proies sauvages et complètent éventuellement leur alimentation avec des produits d’origine humaine (déchets alimentaires, cultures, animaux d’élevage, voire excréments humains). Ceci étant précisé, plusieurs études ont montré que certains chiens férals se nourrissent uniquement de proies prélevées dans la nature (Kruuk et Snell, 1981 ; Triggs, Hans & Cullen, 1984 ; Campos et al, 2007), ce qui signifie que le recours à des aliments d’origine humaine est purement opportuniste et non pas lié à des contraintes écologiques.

Nous pouvons classer les chiens dans différentes catégories même s’ils peuvent appartenir à plusieurs ou passer de l’une à l’autre :

1 . Chiens de propriétaires : contrôlés et limités dans leurs mouvement à l’extérieur. Bien que le potentiel de ces chiens d’interagir avec la faune est limité, ils peuvent néanmoins avoir un impact sur la nature lorsqu’ils accompagnent l’homme en promenade, surtout s’ils ne sont pas vaccinés (Fiorello et al., 2006 ; Banques & Bryant, 2007 ; Koster, 2008 ; Lenth, Knight & Brennan, 2008).

2 . Chiens urbains en liberté : non détenus par des humains mais commensaux, ils subsistent grâce aux ordures et aux autres déchets provenant des activités humaines. C’est leur principale source de nourriture (Beck, 1975). Ils ne rentrent pas en contact avec la faune, sauf dans les parcs urbains (Banks et Bryant, 2007 ; Lenth et al., 2008).

3 . Chiens ruraux en liberté : appartiennent ou sont associés à l’homme mais pas limités à un espace extérieur confiné. Cette catégorie inclut les chiens errants, les chiens de ferme, les chiens de berger et de troupeau. Ces animaux sont régulièrement en contact avec la faune sauvage (Butler et al., 2004 ; Vanak, 2008).

4 . Chiens de village : non confinés mais associées à des habitations humaines dans des zones rurales. Ces chiens quittent rarement le voisinage immédiat du village (MacDonald & Carr, 1995 ; Vanak, 2008).

5 . Chiens férals : chiens redevenus sauvages, complètement indépendants de l’homme (Nesbitt, 1975 ; Green & Gipson, 1994).

6 . Chiens sauvages : dingos et leurs hybrides en Asie du Sud et en Australie. Ils ne sont plus considérés comme animaux domesticables (Corbett, 1995 ; Sillero-Zubiri, Hoffmann & Macdonald, 2004).

Nous proposons un graphe (figure 1) issus d’une compilation d’articles (n=21) en matière d’écologie canine en définissant les différentes catégories comme suit :

(i) Urban (milieu urbain) dans les villes ou en banlieue avec donc une forte densité humaine et pas (ou presque pas) de contact avec la faune.
(ii) Rural (milieu rural) dans des villages ou des terres agricoles à faible densité humaine et des contacts modérés avec la faune .
(iii) Wild (sauvage) vivant en pleine nature sans contact humain.

L’espace alloué à chaque catégorie a été définit comme suit :

(i) limited range (espace limité) confinés à 1 quartier ou à 1 village, si sauvages sur un territoire inférieur à 100 ha.
(ii) wide-ranging (espace vaste) se déplacent dans toute la ville et la banlieue, ou entre les villages, si sauvages sur un territoire supérieur à 100 ha.
(iii) feral (féral) complètement libres de se déplacer et évitent le contact avec l’homme.

Les régimes alimentaires des chiens ont été classés comme suit:

(i) (dépend de l’Homme) toute la nourriture provient de l’Homme directement ou indirectement (déchets laissés par les humains).
(ii) (opportuniste) régime essentiellement composé de déchets produits par les humains mais aussi d’une petite partie de nourriture prélevée dans la nature.
(iii) (wild = sauvage) toute la nourriture provient d’animaux sauvages capturés .

Nous avons exclu les chiens entièrement confinés dans l’espace d’un propriétaire, étant donné qu’ils ne représentent aucune menace directe pour la faune. Bien que certains auteurs décrivent des populations urbaines de chiens férals en liberté, ces chiens ont un territoire très limité, en moyenne 0,26 km2 , soit 26 ha (Beck, 1975). Certaines combinaisons de critères n’existent pas ou bien représentent très peu de données (urbain et espace vaste, urbain et sauvage, espace limité et sauvage). Parmi les études sélectionnées, tous les exemples de chiens urbains correspondent à «espace limité» et «régime entièrement humain». Plus les chiens deviennent ruraux et plus leur régime devient opportuniste et donc moins «dépendant de l’Homme». L’alimentation des chiens est donc étroitement liée à leur localisation. De même, plus les chiens s’enfoncent dans les espaces naturels et plus ils ont de chances de rencontrer des carnivores indigènes, ils vont donc interagir avec eux en tant que prédateurs, et devenir des concurrents pour les proies.

Figure1

Fig. 1. Nombre d’études (n=21) dans lesquelles les critères (urbain, rural, sauvage), (espace limité, espace vaste, féral) et (alimentation dépendant de l’Homme, opportuniste, sauvage) sont déclarés.
Liste des sources:
urbain, espace limité: (Fox, 1975 ; Oppenheimer & Oppenheimer, 1975 ; Rubin & Beck, 1982 ; Daniels, 1983 ; Daniels & Bekoff, 1989)
rural, espace limité: (Berman & Dunbar, 1983 ; Daniels & Bekoff, 1989 ; MacDonald & Carr, 1995 ; Meek, 1999)
rural, espace vaste: (MacDonald & Carr, 1995 ; Meek, 1999 ; Butler et du Toit, 2002 ; Atickem 2003, Manor & Saltz, 2004 ; Vanak, 2008)
rural, féral: (Gipson et Sealander, 1976 ; Kamler, Ballard & Gipson, 2003a ; Campos et al., 2007)
sauvage, espace vaste: (Daniels & Bekoff, 1989)
sauvage, féral: (Scott & Causey, 1973 ; Kruuk et Snell, 1981 ; Taborsky, 1988 ; Boitani et al, 1995 ; Yanes & Suárez, 1996 ; Mitchell & Banks, 2005 ; Glen, Fay & Dickman, 2006).

Chiens prédateurs et proies des carnivores indigènes :

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Beaucoup de grands carnivores tuent et consomment de plus petits carnivores (Palomares & Caro, 1999 ; Donadio & Buskirk, 2006). Étant opportunistes, les chiens sont également connus pour inclure de petits carnivores dans leur alimentation. Par exemple, lors d’un examen de l’alimentation des chiens sauvages au Brésil, on a trouvé des restes de petits carnivores tels que le coati (Nasua nasua) et le petit grison (Galictis cuja) dans les excréments de chien (Campos et al., 2007), mais on ignore quel pourcentage de ceux-ci était ainsi prélevé. Il y a très peu d’informations sur le rôle des chiens en tant que prédateur intraguilde car ce rôle n’est probablement qu’occasionnel. Ceci dit, on retrouve régulièrement des restes de renards roux (Vulpes vulpes) dans les excréments de chiens sauvages australiens, ce qui suggère que ces chiens sont des prédateurs naturels de ces animaux (Newsome et al., 1983 ; Marsack & Greg, 1990). Les chiens peuvent aussi constituer une proie importante dans l’alimentation de plusieurs carnivores, en particulier ceux qui vivent à proximité des humains : par exemple les léopards (Panthera pardus), les lions et les hyènes en Afrique sont connus pour consommer régulièrement des chiens. Au Zimbabwe, Butler et al. (2004 ) ont rapporté que 53% de toutes les mortalités massives de chiens est due à ces carnivores. En Finlande, les loups consomment presque toujours les chiens qu’ils ont tué, même si la recherche de nourriture n’est pas forcément le motif principal du combat (Kojola et al., 2004). Les Coyotes (Canis latrans) dans les zones urbaines et rurales de l’Amérique du Nord tuent régulièrement des chiens de compagnie pour les manger (Grinder & Krausman, 1998). En Inde, plusieurs études ont montré que le chien est un élément important dans le régime alimentaire du léopard (Mukherjee et Sharma, 2001 ; Edgaonkar & Chellam, 2002 ; Singh et al., 2007).

Chiens concurrents des prédateurs pour la chasse :

La concurrence se produit lorsque des espèces partagent les mêmes ressources et que l’une des espèces peut supplanter l’autre, soit par le nombre, soit grâce à un comportement de chasse supérieur (Petren & Case, 1996). En ce qui concerne les carnivores, la concurrence a rarement été démontrée, même si il y a de nombreuses preuves de chevauchement alimentaire entre les espèces. C’est parce que la démonstration de la survenance d’un processus de concurrence entre deux espèces nécessite un certain nombre de facteurs à respecter (Petren & Case, 1996), comme :

(i) réduction de la population ou de la natalité en fonction de la diminution d’une ressource partagée,
(ii) réduction de l’accès à la ressource partagée,
(iii) absence d’interférences directes.

La concurrence n’a pu être démontrée expérimentalement que dans le cas de certaines plantes avec les herbivores (Dorchin, 2006 ; Smallegange, van der Meer & Kurvers, 2006 ; Bonaccorso et al., 2007). Pourtant, la plupart des écologistes spécialistes des carnivores l’admettent comme hypothèse évidente (Jhala & Giles, 1991 ; Sillero-Zubiri & Gottelli, 1995; Johnson et al., 1996).

On ne sait pas si les chiens sont des concurrents efficaces pour les autres carnivores sauvages dans leur milieu naturel. Il y a peu de preuves, dans la littérature, qui laisseraient penser que la pression de prédation des chiens sur les proies sauvages est suffisamment élevée pour réduire la disponibilité de ces proies aux grands carnivores indigènes. Scott & Causey (1973) n’ont trouvé aucune preuve de la prédation des chiens sur les cerfs en milieu rural libre. De même, Lowry et McArthur (1978) ont noté que les chiens étaient responsables de seulement 12 décès de cerfs dans le Couer d’Alene (Idaho, États-Unis) en 1975. Dans le Sud-Est du Québec, on a retrouvé des restes de cerfs dans 15,5% des 58 estomacs de chiens analysés mais il n’est pas possible de déterminer combien de proies ont été effectivement tuées (Bergeron et Pierre, 1981). Cependant, plusieurs autres études ont montré que les chiens peuvent avoir des répercussions importantes localement, qui peuvent conduire à une diminution de certaines populations de proies (Iverson, 1978 ; Kruuk et Snell, 1981 ; Barnett & Rudd, 1983 ; Taborsky, 1988 ; Genovesi & Dupré, 2000). Par exemple, les chiens sont les principaux contributeurs de la baisse du nombre de jeunes gazelles en Israël (Manor & Saltz, 2004).

Donc d’une manière générale et à part quelques exceptions (Mitchell & Banks, 2005 ; Glen, Fay & Dickman, 2006 ; Campos et al., 2007), nous retiendrons l’absence de chevauchement alimentaire entre les chiens et les carnivores sauvages, ce qui n’est pas surprenant puisque la plupart des régimes de chiens sont composés principalement des restes de produits laissés par les humains (Green & Gipson, 1994 ; Butler et du Toit, 2002; Atickem, 2003 ; Vanak, 2008 ; Vanak & Gompper, 2009 ; Butler et al., 2004 ). C’est effectivement, la raison principale qui explique pourquoi les chiens ne sont pas des concurrents efficaces face aux carnivores sauvages. Cependant, un bémol à cette suggestion est que, en raison des très nombreux déchets alimentaires laissés par l’Homme, les chiens en liberté peuvent atteindre de fortes densités de population (Daniels & Bekoff, 1989 ; Butler et al., 2004) et donc, par le poids du nombre avoir un effet négatif sur les proies indigènes, même si sur le plan individuel cet effet est négligeable.

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Il existe pourtant un contre-exemple où le chien concurrence clairement tous les autres carnivores, c’est celui du dingo (chiens sauvages et leurs hybrides) qui est même au sommet de la chaîne dans l’écosystème Australien. Des études approfondies sur les habitudes alimentaires des chiens sauvages australiens montrent que ces canidés dépendent presque exclusivement de proies sauvages capturées de toutes sortes (macropodes, petits marsupiaux, rongeurs et autres petits vertébrés, invertébrés, … (Newsome et al., 1983 ; Corbett et Newsome, 1987 ; Marsack & Greg, 1990 ; Glen & Dickman, 2005 ; Mitchell & Banks, 2005 ; Glen & Dickman, 2008). L’introduction du dingo en Australie est également soupçonnée d’avoir finalement contribué à l’extinction de la thylacine (Thylacinus cyno-Céphale) et du diable de Tasmanie (Sarcophilus harrisii) du continent (Dickman, 1996), ce qui a modifié la structure de la communauté indigène des carnivores Australiens. Le loup de Tasmanie (disparu) et le dingo ont sans doute eu un chevauchement élevé de niche alimentaire et donc de hauts niveaux de compétition (Wroe et al., 2007). Dans le contexte moderne, les dingos sont en concurrence avec les renards roux et les chats sauvages (Catus de felis) ainsi qu’avec les carnivores marsupiaux (Glen & Dickman, 2008).

Enfin, il faut citer une concurrence vis à vis des déchets laissés par l’Homme et des charognes. Ainsi, les chiens peuvent se retrouver indirectement en concurrence avec des carnivores indigènes puisqu’ils réduisent la biomasse des carcasses disponibles. Butler et al. (2004 ) ont observé des chiens en liberté à la périphérie d’une réserve faunique au Zimbabwe et ont constaté que les chiens (domestiques et sauvages) dominaient les vautours autour des carcasses d’animaux et étaient très efficaces, bien qu’en concurrence avec les lions, les léopards, les hyènes tachetées et les chacals à flancs rayés (Canis adustus) (Butler et du Toit, 2002). De même, les loups éthiopiens peuvent être amenés à abandonner des carcasses d’ongulés qu’ils ont chassés, si elles sont trop rapidement accaparées par les chiens ( Sillero-Zubiri & Macdonald, 1997). Des observations identiques ont été faites dans l’ouest de l’Inde, où les carcasses de bétail à la périphérie des villages sont dépecées par les chiens au détriment des chacals dorés (Canis aureus) (Aiyadurai & Jhala, 2006).

Chiens concurrents par interférence :

La concurrence par interférence se manifeste par des interactions directes telles que l’exclusion spatiale, le harcèlement ou, à l’extrême, l’élimination par prédation intraguilde (Holt & Polis, 1997). En réponse à un comportement de concurrence par interférence, le concurrent subordonné utilise l’une des deux stratégies suivantes, visant à réduire ses rencontres avec le concurrent dominant :

(i) éviter les chevauchements de territoires,
(ii) modifier les conditions d’utilisation de son territoire afin de limiter les risques de rencontre tout en préservant l’espace.

Par exemple, les renards gris et roux évitent les zones où les coyotes sont présents (Fedriani et al., 2000 ; Gosselink et al., 2003), les coyotes évitent les territoires du loup (Crabtree & Sheldon, 1999 ; Berger & Gese, 2007), et les renards de l’Artique (Alopex lagopus) évitent les territoires du renard roux (Elmhagen, Tanner Feldt & Anger Bjorn, 2002 ; Tanner Feldt, Elmhagen Anger & Bjorn, 2002). Dans tous ces cas, les territoires ne se chevauchent pas, au profit du concurrent dominant.

Il y a aussi des comportementaux au niveau spatial et temporel beaucoup plus subtiles de la part des subordonnés pour éviter la concurrence par interférence. Les chiens sauvages africains évitent les zones où les proies sont abondantes à cause de la présence des lions (Creel et al., 2001), au risque de subir une réduction de l’efficacité de leur chasse. Après la réintroduction des loups dans le parc national de Yellowstone aux États-Unis, les coyotes ont réduit leur temps de chasse et accru leur vigilance quand ils étaient dans les territoires du loup (Switalski , 2003). Les renards nains (Vulpes macrotis) sont connus pour utiliser plusieurs tactiques, ils multiplient les sorties le jour et partitionnent leur territoire, ceci afin d’éviter la concurrence d’interférence avec les coyotes (Nelson et al., 2007). Ces exemples démontrent que la simple présence d’un concurrent dominant entraîne, par aversion au risque, une utilisation réduite du territoire habituel de chasse.

Des exemples démontrent que les carnivores sympatriques modifient l’utilisation de leur territoire et changent leurs habitudes pour éviter la concurrence avec les chiens, quand ceux-ci sont des espèces dominantes comme en Australie et en Inde. En Nouvelle-Galles du Sud, Mitchell & Banks (2005) ont trouvé des chevauchements importants entre les territoires du renard et ceux du dingo mais les renards évitent les zones (localement) où les dingos sont venus chasser même si globalement il y a bien chevauchement.

Ces tendances générales d’interaction intraguilde entre les chiens férals (ou sauvages) et les carnivores indigènes existent partout dans le monde, même lorsque le chien n’est pas le prédateur au sommet de l’écosystème. Par exemple, en présence des chiens, les renards indiens ont fortement réduit leur taux de visite à deux sources alimentaires abondantes suivies expérimentalement (réduction de la consommation de nourriture et augmentation de la vigilance) (Vanak et al., 2009). Vanak & Gompper (2009) ont également noté un niveau d’accès aux déchets émis par l’Homme inférieur dans le régime alimentaire des renards indiens que dans le régime alimentaire des chiens et ils ont émis l’hypothèse que la présence des chiens empêche les renards d’accéder à ces déchets comme ils le souhaiteraient. La réaction des renards indiens vis à vis des chiens est identique à celle des renards roux vis à vis des chacals dorés décrits par Scheinin et al. (2006). Cette constatation montre que les chiens sont perçus comme des prédateurs intraguilde par les petits carnivores (Vanak, 2008 ; Vanak et al., 2009). Une telle crainte des chiens ne se limite pas aux petits carnivores, parfois les chiens peuvent dissuader les loups d’accéder à des dépotoirs (en Italie), simplement par leur présence et surtout à cause de leur grand nombre (Boitani et al., 1995). Bien que les interactions directes entre les chiens et les autres carnivores ne soient que rarement observés, il semblerait que même la présence temporaire des chiens peut affecter l’activité des carnivores sauvages et l’utilisation de leurs territoires.

Des études récentes ont montré des situations d’évitement ou des changements d’habitudes de la part des carnivores dans des parcs de loisirs utilisés par les êtres humains avec leurs chiens (George et Crooks, 2006 ; Lenth et al., 2008 ; Reed & Merenlender, 2008). Dans ces études, des observations comparatives ont été réalisées pour analyser la présence et le comportement des carnivores dans des zones sans sentiers récréatifs et dans des zones avec des sentiers qui sont utilisés par les humains accompagnés de leur chien de compagnie. George & Crooks (2006) ont signalé que la probabilité de détection des lynx (Lynx rufus) diminuait avec l’augmentation des activités humaines (à cause des promeneurs de chiens) et que les lynx réduisaient leurs déplacements dans les zones utilisées par les randonneurs, les cyclistes et les chiens. Toutefois, la présence des chiens ne peut pas être séparée de celle de l’homme dans cette étude, et donc, les résultats n’impliquent pas un effet direct des chiens seuls. Une relation plus directe entre l’utilisation de l’espace par le lynx en présence du chien a été montrée par Lenth et al. (2008). Ils ont trouvé que les chiffres de détections du lynx étaient inférieurs dans les zones sauvages où les chiens ont droit à errer librement que dans les zones où les chiens sont interdits. Cependant, la même étude a également montré que la détection des renards roux était plus fréquente dans les zones utilisées par les chiens. D’après les auteurs ce phénomène peut être dû à la nature particulière du renard roux et à sa propension à tolérer la présence humaine pour pour pouvoir accéder aux ressources anthropogéniques.

La forme la plus extrême de la concurrence par interférence est le meurtre par le dominant du concurrent subordonné. Ce phénomène est connu sous le nom de prédation intraguilde. La prédation intraguilde peut être distinguée en 2 cas, selon que l’espèce est tuée et consommée ou simplement tuée sans être consommée (Palomares & Caro, 1999). Le cas où l’espèce subordonnée n’est pas consommée après la prédation intragulide est assez intriguant (Palomares & Caro, 1999 ; Amarasekare, 2002), cela laisse penser en effet, que le seul but de l’espèce dominante est de réduire directement le nombre de concurrents pour protéger les ressources alimentaires (Roemer et al., 2009). La concurrence par interférence sans consommation a été bien documentée chez les mammifères carnivores (Palomares & Caro, 1999 ; Donadio & Buskirk, 2006).

Des cas où les chiens ont été victimes de prédation intraguilde avec consommation par des grands carnivores sont cités dans la littérature scientifique. Le plus souvent, les chiens sont tués par des loups (Boitani & Zimen, 1979 ; Zimen & Boitani, 1979 ; Fritts, Paul & Paul, 1989 ; Jhala, 1993 ; Pulliainen, 1993 ; Naughton-Treves, Grossberg & Treves, 2003 ; Jethva & Jhala, 2004 ; Kojola et al., 2004 ; Habib, 2007), des coyotes (Howell, 1982 ; Bider & Weil, 1984 ; Timm et al., 2004), des pumas (Puma concolor) (Torres et al., 1996) et par des ours (Lott, 2002 ; Goldenberg, 2008). Dans la plupart des cas, ces chiens sont férals ou sauvages mais ils peuvent être aussi des chiens domestiques attaqués dans les environs de leur habitation humaine confinée, ou alors des chiens de chasse ou des chiens de compagnie en promenade, attaqués dans des habitats sauvages (Kojola & Kuittinen, 2002).

En revanche, il y a moins d’informations sur les cas où les chiens sont tués par les carnivores sauvages sans être consommés. Lorsque ces cas sont cités, il le sont de manière anecdotique.

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Des chiens dressés ont été utilisés pour chasser les renards roux au Royaume-Uni et dans d’autres parties de l’Europe et du monde, depuis le 16 ème siècle (Itzkowitz, 1977 ; Orendi, 2007) mais le meurtre des renards, des chacals et des autres carnivores par les chiens férals ou sauvages en liberté dans la nature est exceptionnel (très peu de cas ont été rapportés). Par exemple, Pils et Martin (1974) font état d’une attaque sur un renard roux dans le Wisconsin aux États-Unis, par «trois chiens bâtards en liberté» ce qui a entraîné la mort d’une femelle en lactation. Des chiens ont tué des renards nains (Ralls et blanc, 1995) et des renards indiens (Vanak, 2008). Trois chiens sauvages ont été observés en train de tuer un coyote dans le Kansas aux États-Unis (Kamler et al., 2003) et des chiens de ferme étaient responsables du meurtre de 20 parmi 77 mouffettes (Spilogale putorius) retrouvées mortes (Crabb, 1948). Dahmer (2001, 2002) a signalé la mort de 11 petites civettes indiennes (Viverricula indica) par des chiens errants à Hong Kong entre 1998 et 2002. Un des plus célèbres rapports anecdotiques concernant le meurtre par des chiens d’autres carnivores a conduit à la redécouverte des putois (Mustela nigripes) dans le Wyoming aux USA, quand un chien de ferme a apporté un individu fraîchement tué d’une espèce éteinte de putois (Miller, Lire & Forrest, 1996). Dans la plupart des cas ci-dessus les chiens n’ont pas consommer leur proie.

Chiens en concurrence apparente :

La compétition apparente entre carnivores provient du fait qu’une espèce de carnivore disparaît ou se retire et qu’une autre espèce apparaît profitant de cette opportunité. Ce processus peut réduire la densité de population des autres espèces sympatriques. Prenons l’exemple des chats sauvages en Australie, ils résistent mieux à la sécheresse que les dingos qui en sont morts ou qui sont partis, (Paltridge, Gibson et Edwards, 1997), cette disparition a permis aux chats de se multiplier et de dominer des carnivores marsupiaux comme le dasyurus (Glen & Dickman, 2005).

D’autre part, la concurrence apparente entre carnivores est susceptible de propager plus facilement les parasites amenés par l’intrus aux espèces indigènes. La transmission des parasites peut être un facteur structurant dans la répartition et le nombre des espèces (Rushton et al., 2000 ; Tompkins, Draycott & Hudson, 2000 ; Tompkins et al., 2003). Ce genre d’interaction inter-espèces est une forme caractéristique de concurrence puisque les interactions hôte-parasites entraînent l’apparition d’une concurrence dynamique (Holt , 1977 ; Holt & Pickering, 1985 ; Price et al., 1998 ; Tompkins et al., 2000) .

Cette compétition apparente a été documentée dans plusieurs taxons, allant des bactéries et des insectes aux oiseaux et balayant toutes les grandes catégories de mammifères (prédateurs et proies). En général, l’espèce hôte la plus rare ou la plus sensible est réduite ou éliminée avec l’augmentation de propagation du parasite dans le réservoir abondant des espèces les plus résistantes (Tompkins et al., 2000 ; Morris, Lewis & Godfray, 2004 ; Power & Mitchell, 2004). La compétition apparente via les échanges de parasites entre espèces peut, finalement, apparaître comme une composante importante de la structure de la communauté (Hatcher, Dick & Dunn, 2006 ; Holt & Dobson, 2006) mais elle n’a été que rarement étudiée dans les communautés de carnivores (Roemer et al., 2009).

De nombreux micro-parasites de carnivores sont partagés par plusieurs espèces ; certains sont enzootiques chez les chiens et peuvent être transmis aux carnivores indigènes (Fiorello et al., 2004). Ces phénomènes de contagion sont assez courants mais les conditions dans lesquelles ils peuvent conduire à des épidémies parmi les espèces sauvages ne sont pas claires. Par exemple, presque toutes les espèces de canidés sont très sensibles au virus de la rage, au virus de la maladie de Carré et au parvovirus canin. Dans certains cas, ces trois virus sont les premiers facteurs de la dynamique des populations de carnivores (Cleaveland et al., 2007).

Le rôle des chiens comme réservoir d’agents pathogènes susceptible d’avoir un impact significatif sur les populations sauvages de grands carnivores est illustré par une série d’épidémies et de cas de rage chez les chiens sauvages africains dans le Serengeti en 1994, qui s’est propagée chez les lions, les hyènes et les chacals (Funk et al., 2001 ; Cleaveland et al., 2007). Depuis, plusieurs études ont indiqué que la propagation d’agents pathogènes résultant d’interactions entre carnivores et chiens sauvages a conduit à un déclin des populations animales dans un large éventail d’espèces et de familles de carnivores : canidés, félidés, hyénidés, phocidés, mustélidés, viverridés et procyonidés. Ces événements ont été largement commentés (Laurenson et al., 1998 ; Deem et al., 2000; Funk et al., 2001 ; Cleaveland et al., 2007). Par exemple, les loups éthiopiens ont été en danger critique d’extinction et ont subi une sévère diminution de leur population à cause d’épidémies de rage transmise par des chiens sauvages africains (Sillero-Zubiri, King & MacDonald, 1996 ; Whitby, Johnstone & Sillero-Zubiri, 1997 ; Randall et al., 2006).

Les praticiens de la conservation des animaux sauvages ont tenté, avec un succès mitigé, d’atténuer ces phénomènes épidémiques par des programmes de vaccinations massives visant soit le réservoir initial (les chiens), soit les hôtes sensibles (les autres carnivores sauvages). On peut citer des exemples de vaccinations en masse des chiens sauvages africains contre la rage dans le Serengeti qui ont réussi à contrôler l’épidémie (Cleaveland et al., 2007) ou qui ont échoué (Woodroffe et al., 2004 ; Cleaveland et al., 2007). D’autres exemples montrent que les vaccinations massives et simultanées des loups éthiopiens et des chiens africains ont eu plus de succès de réussite contre l’apparition de la rage (Haydon et al., 2006 ; Randall et al., 2006). Ces exemples illustrent clairement comment les chiens peuvent être porteurs de parasites qui vont entraîner des épidémies généralisées et une baisse de la population chez plusieurs espèces sauvages. Ces études de cas rappellent aussi l’importance des chiens férals et sauvages comme partie intégrante de la diversité des écosystèmes et pourquoi il est important d’en tenir compte dans la gestion et la conservation des populations des grands carnivores indigènes.

CONCLUSIONS ET RECHERCHES FUTURES :

En raison de ses liens étroits avec les humains, le chien est présent partout, dans le monde entier. Bien qu’il diffère des loups morphologiquement, en raison du processus de domestication, il a conservé des caractéristiques qui le rendent potentiellement membre à part entière de la guilde des carnivores. Les chiens étant dépendant des humains partout où ils existent, ils ne sont pas, a priori, soumis à la pénurie alimentaire. Ils sont également protégés contre les mécanismes de rétroaction intraguilde (comme la prédation intense par les grands carnivores) puisqu’ils sont réfugiés dans les habitations humaines. Ces relations de dépendance humaine, directe ou indirecte, peuvent entraîner une forte densité de la population des chiens en liberté, même dans les régions rurales ou dans des zones sauvages où les communautés de carnivores indigènes sont relativement intactes.

Butler & Bingham (2000) signalent par exemple une population d’au moins 1,36 million de chiens dans les terres communales du Zimbabwe, avec un taux de croissance annuel de 6,5%. Même dans les pays développés comme les États-Unis, les populations de chiens peuvent être localement abondantes (150 chiens/km2 à Newark, New Jersey ; Daniels, 1983 ; 431 chiens/km2 sur des portions de terres de la réserve Navajo en Arizona ; Daniels & Bekoff, 1989).

L’effet combiné des grandes populations et de la mise en liberté des chiens est problématique pour les praticiens de la conservation des animaux sauvages. Le but de la recherche future devrait être d’élucider les interactions spatiales et comportementales entre les chiens et les carnivores sauvages. Nous savons que les carnivores peuvent considérablement influer sur la distribution et la densité des co-prédateurs grâce à la concurrence directe et indirecte (Palomares & Caro, 1999 ; Caro & Stoner, 2003). Les agressions directes et la prédation intraguilde peuvent être facilement détectées chez les espèces concurrentes mais les effets indirects de la compétition par interférence sont beaucoup plus subtiles et peuvent passer parfois inaperçus. Les différents rôles concurrentiels des chiens férals ou sauvages sont encore largement inconnus.

Comme indiqué dans cette étude bibliographique, les chiens peuvent avoir des effets à grande échelle sur les carnivores indigènes bien qu’ils ne représentent pas une grande concurrence pour la nourriture. Il est de plus en plus reconnu que le sujet des chiens en liberté est très important pour l’équilibre de la biodiversité et il est nécessaire de prendre des initiatives à grande échelle, soutenues par la Recherche, pour résoudre ce problème.

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Chiens férals et chiens sauvages

feralExemple en Roumanie

Le problème des chiens errants en Roumanie est très particulier car ce pays n’a pas su mettre en place une gestion efficace (stérilisation massive et instantanée, incitation à l’adoption, enregistrement et contrôle des chiens de propriétaire, …) et cela depuis plusieurs décennies (plus exactement depuis 1972, début du programme de systématisation instauré par Nicolae Ceausescu). Aujourd’hui, il y a probablement plus d’un million de chiens errants et il est devenu indispensable de distinguer plusieurs catégories qu’on nommera «chiens abandonnés», «chiens férals» et «chiens sauvages». Il est impossible de traiter ces trois catégories de la même façon et il sera sans doute nécessaire d’admettre qu’une nouvelle espèce canine (qui doit faire l’objet d’études très spécifiques) est apparue, ou est en train d’apparaître, en Roumanie.

Les chiens (perdus ou) abandonnés ont été en contact avec l’homme, ils ont été socialisés. On peut à nouveau distingués 2 sous-catégories : les chiens communautaires qui vivent dans la rue mais qui sont nourris régulièrement et soignés par plusieurs personnes (souvent au pied d’un immeuble) et les chiens errants livrés à eux-mêmes qui se nourrissent plutôt des restes laissés par l’homme autour des poubelles. Ces 2 sous-catégories sont à peu près équivalentes, elles doivent bénéficier de vaccinations et de soins vétérinaires aux frais de la commune, elles doivent faire l’objet d’un contrôle des naissances (soit par euthanasie des bébés chiots à la mise bas pour les chiennes communautaires, soit par stérilisations massives concentrées sur un laps de temps le plus court possible). Ces chiens sont aussi ceux qui peuvent poser (éventuellement) un problème de sécurité vis à vis des humains ou des autres animaux, tout dépend du comportement de leur ancien propriétaire car seul l’homme peut rendre un chien dangereux. Par contre, il sont facilement adoptables et peuvent être rééduqués (cas de chiens maltraités auparavant) ; ils sont très facile à capturer et à laisser en captivité en attente d’une adoption.

Les chiens férals ne sont pas des animaux de compagnie, ils ont vécu toute leur vie en dehors des humains, ce sont des animaux peureux vis à vis de l’homme et assez craintifs. Ils sont plus difficiles à capturer et pas vraiment adoptables. Par contre, ils ne sont jamais dangereux vis à vis des humains et ils restent à l’écart du centre ville. Les informations qui circulent parfois, dans certaines presses à scandale, pour relater des agressions de chiens férals sur des enfants ne sont jamais fondées et n’ont jamais pu être prouvées. Confier ces animaux à des humains est (selon moi) assimilable à une forme d’esclavage. Ces animaux sont nés libres et supportent mal d’être enfermés, ils regarderont toujours vers la forêt pour s’échapper. Si, malgré tout, des personnes souhaitent adopter un chien féral, il faut mettre à sa disposition un enclos d’au moins 100 m2 dans son jardin et bien sûr le sortir en promenades le plus souvent possible, dans la nature mais tenu en laisse.

Dans la littérature scientifique, les chiens en liberté comme les dingos australiens sont considérés comme «chiens sauvages» plutôt que «chiens férals». La distinction n’est pas très claire, elle serait liée au fait que l’animal féral a plus tendance à être commensal et à roder autour des villes près des poubelles que l’animal sauvage. Mais cette distinction ne me paraît pas très satisfaisante étant donné que même un animal sauvage, comme le loup des Apennins en Italie, a trouvé une nouvelle niche écologique autour des dépôts d’ordures.

Je pense qu’il s’agit surtout d’un phénomène d’opportunité mais cela peut-être aussi le signe de l’effet dévastateur des actions anthropiques sur les écosystèmes : comment un animal peut-il chasser et fouiller dans une nature qui a été rasée pour l’agriculture, envahie par les troupeaux et dévalisée par les tireurs de gibier ? Certes, les «chiens sauvages» ont évolué sur de longues périodes et de nombreuses générations en dehors des humains mais dans un écosystème qui a été fortement modifié et, aujourd’hui, ils doivent s’adapter à une niche écologique qui est la même que celle des «chiens férals», si bien que la distinction entre ces deux espèces est de moins en moins justifiée (tout au moins en Europe et en Roumanie).

De façon plus imagée, je dirais que les chiens sauvages (s’ils existent) sont contraints de se rapprocher des villes pendant que les chiens férals s’en éloignent, forcément ils se rencontreront et seront amenés à ne former qu’une seule et même espèce.
Dans les 2 cas, ces animaux ne sont pas adoptables et il faut en tenir compte dans la gestion des «chiens libres» puisque cette population canine représente, en Roumanie, plusieurs centaines de milliers d’individus. L’extermination massive et décrétée par l’état n’est pas admissible car il s’agirait, dans ce cas, d’un pur zoocide, il faut donc imaginer un processus d’intégration de tous ces chiens dans un écosystème préservé de façon stricte.

Remarque : au niveau terminologique (taxonomie) les «chiens sauvages» ne sont pas distingués des «chiens domestiques» Canis lupus familiaris, peu importe qu’ils soient «sauvages purs» ou férals. Seul le chien sauvage australien (le dingo) est reconnu comme Canis lupus dingo (alors que certains dingos ont été domestiqués). On peut aussi cité le dhôle qui n’est pas Canis mais Cuon alpinus, ce canidé, appelé communément «chien sauvage d’Asie», vit en meute et seuls le mâle et la femelle alpha se reproduisent (comme pour le loup). Il est en voie d’extinction (car tué par les chasseurs) alors qu’il ne s’attaque ni à l’homme, ni au bétail.

Il existe très peu d’études concernant les chiens férals et pourtant ceux-ci sont de plus en plus nombreux sur notre planète. Beaucoup d’idées reçues circulent à leur sujet, laissant croire qu’en cas de famine ils seraient dangereux et pourraient s’attaquer à l’homme. Ces informations sont généralement fausses, elles servent simplement de prétexte pour commettre des crimes injustifiés. De plus les quelques données existantes sont contradictoires : il semblerait qu’aux USA les chiens férals s’attaquent au bétail, alors qu’en France et en Suisse il a été prouvé que ce n’était pratiquement jamais le cas, les chiens parias (chiens errants d’Asie) seraient dans certains cas dangereux mais les études ne précisent pas si les chiens concernés sont effectivement férals ou simplement abandonnés. Je pense qu’il faut admettre que les chiens férals n’ont pas tous le même comportement car ils sont génétiquement différents et il n’est pas possible d’extrapoler une étude d’un pays à l’autre. En ce qui concerne la Roumanie, les statistiques publiées sont réalisées à partir des informations fournies par les victimes d’agressions aux services d’urgence des hôpitaux. Il est complètement impossible de savoir si le chien coupable est «chien de propriétaire», «chien errant abandonné» ou «chien féral». Très probablement et dans la grande majorité des cas, il s’agit de chiens de propriétaire mal traités qui se sont échappés ou qui ont été abandonnés. Le chien féral roumain est un animal paisible sans danger ni pour l’homme, ni pour le bétail mais, bien sûr, il s’agit de le prouver scientifiquement.

J’aimerais lancer un projet d’étude des chiens férals de Roumanie afin d’évaluer leur capacité à se débrouiller seuls pour se nourrir dans un environnement naturel composé essentiellement de forêts et de prairies. Il serait intéressant d’étudier leur comportement social et de savoir comment ils peuvent s’adapter à la quantité et au type de gibier disponible : peuvent-ils s’alimenter de végétaux ou de céréales (comme le renard) ? Sont-ils capables de chasser en meute pour le gros gibier (comme le dingo) ou bien sont-ils toujours solitaires ? en meutes comment sont-ils organisés ? De même, il serait intéressant de définir le style d’abris qui leur est le mieux adapté (ancien terrier de renard, abris naturel ou autre) ainsi que le territoire optimal qui leur convient. L’étude devra être très précise au niveau des équilibres dans la biodiversité du milieu où les chiens férals seront introduits et en particuliers dans la concurrence avec les autres prédateurs de sa taille comme le lynx ou éventuellement le chat sauvage. On peut supposer, a priori, que le chien féral mange le chat haret et le renard mais qu’il est mangé par le loup. Il faudra aussi veiller à ne pas déclencher un phénomène d’hybridation entre les chiens férals et les loups ce qui favoriserait un risque d’extinction des loups par abâtardisation.

Il s’agit dans un premier temps, de choisir un espace suffisamment grand, assez loin des milieux urbains et varié sur le plan de la biodiversité. Nous disposons d’un terrain d’environ un demi hectare que nous pouvons assez facilement agrandir jusqu’aux premières forêts de Poiana Rusca. Parmi ces forêts plus ou moins continues, certaines appartiennent à des petits propriétaires privés, d’autres sont domaniales. L’accès à cet espace devra être contrôlé et le statut de zone protégée stricte devra être obtenu. Une étude détaillée de l’état des lieux avec inventaire biologique permettra de définir un état initial.

Dans un deuxième temps, il faudra introduire les chiens qui devront être choisis selon des critères précis à définir avec un expert cynologique et/ou un spécialiste en écologie comportementale des animaux sauvages. Le suivi des chiens férals devra être très méticuleux ainsi que les bilans comparatifs de l’état de l’écosystème à différentes périodes de l’année. La collaboration avec un centre de recherche est indispensable pour donner plus de légitimité à cette expérience et convaincre les services Roumains de l’environnement.

Si nous réussissons à réserver quelques dizaines d’hectares, je pense que le projet à toutes ses chances d’aboutir mais sur le plan de la communication avec les autorités roumaines il nous faudra de nombreux arguments, le seul argument scientifique n’étant peut-être pas suffisant. Nous pouvons démontrer tous les avantages pédagogiques à développer un tel projet, qui placerait la Roumanie en tête dans le domaine de l’intégration des chiens férals dans l’écosystème.

Après le scandale sur l’extermination des chiens errants qui a choqué le monde entier, je suis sûr que les autorités de ce pays seront sensibles à cet argument. Un troisième argument qui pourrait augmenter nos chances, c’est la possibilité d’inciter à l’écotourisme dans la région. Les gens pourraient se promener dans un espace intact comme il en existe très peu en Europe, avec la joie de découvrir au détour de quelque chemin, une bande de chiens férals ou tout autre animal dans son milieu naturel.

 

Halte à l’écocide des loups en France

loups

Vous pouvez aider nos loups à vivre libres en Nature en signant cette pétition.

Voir le lien ci-dessous (MERCI)

Pétition

 

 » à l’attention de Monsieur le Ministre de l’agriculture « 

Je vous demande de :

1) stopper toute subvention ou indemnité à l’élevage ovin en montagne ;

2) définir un quota de moutons (fonction de la taille des troupeaux) que le loup « a le droit » de prélever ;

3) punir très sévèrement tout meurtre de loup (animal protégé par la convention de Berne depuis 1979).

En France, il y a seulement 360 loups qui se font régulièrement tuer pour protéger une filière ovine sans avenir, soutenue uniquement par des subventions sur le dos des contribuables. On nous parle de cohabitation nécessaire entre loup et berger mais on impose comme préalable de faire paître des milliers de têtes sur le territoire du loup, là où il prélève son gibier naturel, tout en lui interdisant de tuer un seul mouton.

C’est de l’expropriation et tous les moyens sont mis en place : chasseurs, bergers armés, braconniers autorisés, chiens de garde de type molossoïde, si bien que la montagne devient dangereuse, non pas à cause des loups, mais à cause des bergers et de leur armada !

D’autre part, si autrefois le pastoralisme entretenait la montagne c’était grâce à l’alternance des transhumances de petits troupeaux d’ovins avec de petits troupeaux de bovins. Mais ce système n’est plus rentable et aujourd’hui on voit d’ immenses troupeaux sans surveillance détruire nos alpages par surpâturage.

N’oublions pas que la montagne existait avant le pastoralisme et que les loups et les autres prédateurs étaient bien meilleurs que l’homme en gestion durable (écoutons leur appel).

 
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Publié par le 10 juin 2017 dans Non classé

 

Écologie Politique au service du Système

Et si le réchauffement climatique était fait pour empêcher les pays pauvres de se développer ?
Et si les futures sécheresses et manques d’eau étaient programmées pour tuer en masse ?
Et si la dépendance énergétique était voulue pour mieux exterminer en cas de pénurie ?
Et si la mort de faim d’un enfant pauvre chaque 5 secondes était préméditée ?
Et si la propagation de virus mortels était décidée ?
Et si tout cela était l’œuvre d’un fou ou d’un état devenu fou ?
Et si le désastre planétaire auquel on assiste avait été planifié pour mieux diriger le monde ?

Qui serait alors responsable ?

On me dit que le milliard de gaspilleurs des pays riches épuise à lui seul toutes les ressources planétaires, réduisant à la misère les 7 autres milliards d’humains.
On me dit que ce milliard manque de place et veut coloniser la Terre toute entière.
On me dit que ce milliard veut encore plus gaspiller et n’a pas hésité à provoquer un désastre écologique qu’il ne sait plus maîtriser.

Faut-il croire ce qu’on me dit ?
Voici quelques éléments de réponse :

politico_ecolo

« L’argent est le nerf de la guerre », comme dit le proverbe, et les USA l’ont bien compris : Vendre des armes à tous les belligérants et reconstruire sur les ruines des champs de bataille pour mieux s’enrichir, imposer ses choix par la force et piller les richesses de la planète sous de multiples prétextes fallacieux voire mensongers, semer la haine et créer le chaos de partout puis revenir en sauveur et récupérer gloire et bénéfices … telles sont les spécialités de nos pires ennemis qui, pourtant, se font passer pour nos amis. Dans le cynisme et le machiavélisme, les descendants de George Washington sont devenus des experts, ce qui leur a permis de dominer la planète, mais leur talon d’Achille se briserait si la paix régnait dans le monde et le colosse mortifère aux pieds d’argile s’écroulerait pour le plus grand bien être de la Nature et de l’Humanité.

De ce point de vue, la détente de la Guerre Froide (au lendemain de la crise des missiles cubains) et le rapprochement qui suivit entre les deux superpuissances atomiques, représentaient une menace pour les élites américaines (géants de l’industrie de l’armement, profiteurs de la reconstruction des pays bombardés, usuriers des peuples ruinés, FMI, etc.) : On allait vers la paix perpétuelle puisque tout affrontement était exclu par la doctrine de « destruction mutuelle assurée ». Ainsi, le système économique des va-t-en-guerre mais aussi le pouvoir des décideurs (donneurs de leçon de la première armée mondiale) se trouvaient déstabilisés et le gouvernement américain souhaitait analyser cette nouvelle situation complètement inédite : Il publia, en 1967, un rapport anonyme (commandité par l’administration Kennedy) intitulé « Report from Iron Mountain on the Possibility and Desirability of Peace » qui, en réalité, présentait la paix comme indésirable.

En résumé, le rapport soutient que la guerre remplit des fonctions fondamentales dans la société : maintien de la cohésion sociale, fort contrôle gouvernemental sur l’économie, contrôle de la surpopulation, source de progrès scientifique et d’inspiration artistique, etc.
En conclusion, le rapport prévoit un substitut à la guerre puisque celle-ci étant devenue impossible, elle ne peut plus assumer ses fonctions sociales et économiques. Ce substitut est clairement affiché : Il s’agit d’amplifier et d’accélérer la menace écologique en déclenchant une guerre contre la Nature et le Vivant identifiés comme les principaux ennemis du Système.

Ces prévisions sont Glaciales et bien pires que le pire des scenarii catastrophes qu’on aurait pu imaginer au summum de la guerre Froide. Décider volontairement de sacrifier la planète afin de créer une dynamique destructrice plus forte que les effets d’une guerre atomique et qui permettrait le contrôle des naissances, l’expansion économique de reconstruction, l’essor scientifique pour trouver des solutions, la cohésion sociale pour permettre d’endoctriner les peuples, etc. : C’est probablement le plan totalitaire le plus machiavélique de l’histoire de l’Humanité qui est né dans le cerveau malade de nos dirigeants et qui s’est propagé jusqu’à aujourd’hui. Rien ne serait dû au hasard mais soigneusement programmé par les états et en particulier les USA. Ainsi, le réchauffement climatique serait la conséquence d’une machination macabre étasunienne dont le seul but était de permettre un totalitarisme excessivement dur et cruel, présenté comme une nécessité logique et justifiée scientifiquement.

Une nouvelle dictature des temps modernes allait voir le jour par le biais d’institutions internationales composées de technocrates et de scientifiques capables de prendre des décisions au nom de la planète toute entière, se libérant des contraintes imposées par la voix des peuples. Ainsi, on pouvait s’affranchir de la souveraineté nationale et de la légitimité démocratique des gouvernements opposés au diktat américain et de ses alliés.

Pour mettre en place cette machinerie apocalyptique sans générer aussitôt une révolution planétaire des écologistes, il suffisait de nommer « Amis de la Terre » les monstres instigateurs eux-mêmes du futur écocide. C’est ainsi que le Club de Rome fut fondé, en 1968, par Aurelio Peccei et Alexander King (directeur scientifique de l’OCDE). On atteint là le sommet de l’hypocrisie et de la duperie et pourtant, pour s’en convaincre, rappelons simplement que ce corps de conspirateurs agissait sous la couverture de l’OTAN et qu’il était issu de l’aile dur du Groupe Morgenthau. Il faut quand même savoir que ces gens souhaitaient, avant tout, devenir les maîtres de la planète à la façon de Kissinger (voir ses multiples interventions militaires). Le Club de Rome n’est rien d’autre qu’un vulgaire conglomérat entre financiers Américains et familles « prétendues nobles » de la vieille Europe (notamment Londres, Venise et Gênes). Des gens de « fausse bonne famille » qui veulent contrôler le monde et qui, pour cela, cherchent à créer et à gérer de fausses récessions économiques pour en tirer des vrais profits.

Leur principal argument repose sur la limite prévisible des ressources naturelles et la nécessité d’une croissance nulle, c’est-à-dire le mot d’ordre de la conférence internationale organisée par l’ONU sur l’environnement, à Stockholm en juin 1972, qui était : « Une seule terre, halte à la croissance ». 1972 ! Cinq ans après la publication du rapport anonyme Américain sur « la paix indésirable ». Il y a, de toute évidence, un lien direct entre la folie mégalomaniaque des imposteurs de l’écologie dans leur mise en œuvre d’un nouvel ordre mondial et le projet du Club de Rome. C’était le début de « « l’écologie politique » et de « l’écolo-business ».

Presque vingt ans plus tard, dans son rapport « Question de survie » (1991), le Club de Rome entérine l’adoption définitive de sa stratégie. Dans l’extrait ci-dessous, il rappelle que la menace écologique est effectivement notre ennemi et qu’il faut la combattre pour sauver le Système, sans bien sûr préciser que c’est le Système qui entretient et aggrave volontairement cette menace pour assurer sa survie ! « À la recherche d’un nouvel ennemi qui nous ferait nous unir contre lui, nous en sommes venus à penser que la pollution, la menace du réchauffement de la Terre, la pénurie d’eau, la famine et le reste étaient les bons candidats. Tous ensemble, avec en plus leurs interactions, ces phénomènes constituent effectivement la menace commune qui appelle la solidarité de tous les peuples. »

Il est invraisemblable de constater comment une entité politique de l’OTAN, aux ordres d’un nouvel ordre mondial, proclamée par un rassemblement de conspirateurs, composée d’une nouvelle bourgeoisie et d’une fausse noblesse, a été capable de séduire une jeunesse désemparée et naïve : Depuis les hippies des années 60/70 jusqu’au écologistes d’aujourd’hui.
Il est incroyable et à la fois effroyable d’admettre que cette jeunesse devient l’alliée de la pire organisation Américaine qui ne souhaite qu’une chose : créer un climat de guerre face à un désastre écologique provoqué pour mieux endoctriner les peuples, s’enrichir et dominer la planète.

Face à l’ignominie et à la manipulation de l’écologie politique, seule l’Écologie Profonde ou l’Écologie Radicale permettrait d’éviter le pire. Les Zadistes l’ont bien compris et c’est pour cela que le pouvoir d’État en a si peur et veut les museler. L’assassinat de Rémi Fraisse par les forces de l’ordre de ce pouvoir en est la triste preuve.

Comme Guy Moquet à Chateaubriand, Rémi est tombé à Sivens ; « les barbares voulaient le tuer, ils l’ont rendu immortel » … Honte à ceux qu’on appelle les grands de ce monde !

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Qui est l’OTAN et que cherche-t-elle ?

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En ces temps de guerres cachées et de désinformations, il est essentiel de remettre les pendules à l’heure. Commençons par quelques repères historiques :

1948 : le Benelux, la Grande-Bretagne et la France créent l’Union Occidentale (UO), alliance militaire de défense commune dirigée explicitement contre l’Allemagne (traité de Bruxelles) qui avait l’interdiction de recréer une armée indépendante après la chute du IIIème Reich (dissolution de la Wehrmacht).

1949 : les membres de l’UO, auxquels s’associent le Canada et les USA, créent l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) afin d’assurer la sécurité et la stabilité de l’Europe de l’Ouest et de l’Amérique du Nord face à l’impérialisme Allemand tout en s’opposant à une éventuelle tentative expansionniste de l’Union soviétique. Les instances militaires de l’UO seront incorporées à celles de l’OTAN en décembre 1950.

1955 : l’URSS et les pays d’Europe de l’Est (Albanie, Bulgarie, Hongrie, Pologne, RDA, Roumanie et Tchécoslovaquie) créent le Pacte de Varsovie, alliance militaire de défense commune face à la menace de plus en plus pesante de l’OTAN.

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Il est fondamental de préciser que la signature de ce pacte (14 mai 1955) a été consécutive à la remilitarisation de la RFA (création de la Bundeswehr) et à son adhésion à l’OTAN le 6 mai de la même année.

1991 : dislocation de l’URSS suite à une série de conspirations ayant abouties aux accords de Belaveja et dissolution du Pacte de Varsovie. À partir de cette date, l’OTAN dont la mission est de moins en moins claire, ne cessera de se renforcer jusqu’à regrouper 28 pays membres depuis 2009 (Albanie, Allemagne, Belgique, Bulgarie, Canada, Croatie, Danemark, Espagne, Estonie, France, Grèce, Hongrie, Islande, Italie, Lettonie, Lituanie, Luxembourg, Néederlande, Norvège, Pologne, Portugal, Tchéquie, Roumanie, Royaume-Uni, Slovaquie, Slovénie, Turquie, USA).

L’avantage de cette vision chronologique est de bien montrer que c’est le Pacte de Varsovie, créé en 1955, qui visait à défendre le bloc de l’Est contre l’impérialisme anglo-saxon et non pas l’inverse comme on cherche si souvent à nous faire croire.

USA

USA ÜBERALLES !!!

L’OTAN a toujours été manipulatrice, menteuse et hypocrite.

Contrairement à son acronyme, cette organisation n’est pas une alliance entre pays mais une armada au service exclusif des USA ayant réparti ses forces en Europe sous le commandement unique d’un officier étasunien ! Dans une telle logique, chaque État membre perd l’indépendance de sa politique étrangère et de Défense. Charles De Gaulle est le seul président à s’être opposé à cette hégémonie américaine. Il a d’ailleurs échappé à une quarantaine de tentatives d’assassinat perpétrés par l’OAS (organisation fasciste financée par l’OTAN et coupable des pires massacres lors de la guerre d’Algérie). Suite à ce terrorisme étasunien, il a annoncé le retrait immédiat de la France de l’OTAN et le renvoi de tous les soldats et employés administratifs américains hors du territoire français.

Cette indépendance a été annulée par Jacques Chirac qui a réintégré la France au sein du Comité militaire de l’OTAN et surtout par Nicolas Sarkozy qui a décidé du retour de l’armée française sous commandement otanien en 2009.

 

L’Homme : Cette espèce invasive !

animaux-et-biodiversite

L’être humain prolifère en épuisant les ressources de la planète au mépris des autres espèces et des cycles naturels afin d’imposer une croissance (économique) continue dans un délire mégalomaniaque d’égoïsme.

Ce processus a commencé dès l’auto-domestication de notre espèce sauvage avec les prémices de l’agriculture (il y a 10 000 ans) puis avec l’exploitation des énergies fossiles (vers 1800) mais c’est surtout après la révolution industrielle (1950) que ce massacre du monde vivant a explosé.

Nos civilisations du progrès (technologique) ont abouti à un tel désastre écologique que les dégâts induits sur la biodiversité sont comparables à ceux des 5 grandes crises biologiques précédentes (les spécialistes ont qualifié celle-là d’Anthropocène pour signifier qu’elle est exclusivement provoquée par l’Homme). Actuellement, trois espèces sont en voie d’extinction chaque heure (soit 30 000 espèces chaque année) pendant que notre seule espèce surnuméraire dépasse des records (15 fois trop d’individus et de très gros consommateurs, gaspilleurs et pollueurs dans les pays riches).

Le graphe ci-dessous, publié par l’USGS en 2008, montre la corrélation directe entre surpopulation de l’espèce humaine et extinction des autres espèces (animales) par an.

PopExtGraph

« Reproduisez vous à l’infini et nourrissez vous de la Terre, de ses fruits et de ses hôtes »

Des vieillards gâteux à Rome continuent à proclamer ce discours biblique morbide sans même voir que, depuis Adam et Eve (présumés apparus par génération spontanée !), nous sommes plus de 7 milliards accompagnés d’une cohorte d’animaux domestiques dévorant la planète !

Pendant ce temps, la faune sauvage se cache pour survivre jusqu’à devenir relique dans des parcs zoologiques avant de disparaître définitivement. Déjà 21 % des mammifères, 12 % des oiseaux, 31 % des reptiles, 30 % des amphibiens, 37 % des poissons et un pourcentage indéterminé de plantes et d’invertébrés sont menacés d’extinction … que restera-t-il à nos enfants à part le musée d’histoire naturelle ?

 

Un vent noir et rouge souffle à l’Est de l’Ukraine

Nestor_Makhno 

On retrouve un peu de l’esprit de Makhno dans la révolte menée aujourd’hui par les résistants de l’Est de l’Ukraine. Comme si le vent de la Makhnovtchina soufflait à nouveaux pour emporter tous les tyrans de la Terre unis dans l’infamie Otanazienne de ce début du XXIème siècle.

Après le bain de sang du Maïdan, les oligarques aux intérêts multinationaux ont fait main basse sur le pays et ceci grâce à des milices fascistes nostalgiques du grand Reich et de ses croix gammées. Face à une telle ingérence, seule une guerre dans l’état, pouvait donner le pouvoir au peuple tout en renouant un lien social fort entre les diverses ethnies habitant dans la région.

Ce nouveau drame se déroule sur les terres de Nestor Makhno, entre le Dniepr et la mer d’Azov, englobant la zone d’influence de ses actions révolutionnaires (voir la carte ci-dessous)

ukraine-makhno

D’ailleurs, le contexte n’est pas sans rappeler celui de l’époque où, seule contre tous, la Makhnovtchina se battait pour défendre la liberté des peuples à décider d’eux-mêmes. Elle a vaincu l’armée blanche du régime tsariste mais s’est fait massacrer ensuite par l’armée rouge, permettant aux bolcheviques d’installer leur pouvoir. C’est hélas le triste sort des anarchistes : faire le sale boulot, se faire éliminer par les récupérateurs guettant, tel des vautours, puis sombrer dans l’oubli. Il en va de même de la révolution française qui a coupé les têtes des royalistes mais a été finalement récupérée par la bourgeoisie dont sont issus nos courageux dirigeants républicains.

Le but de cet article n’est pas de faire l’éloge des séparatistes de l’Est de l’Ukraine. Il y a parmi eux quelques milices adoratrices d’Alexandre Douguine qui me laissent un goût amer – quand on commence à mélanger le fanatisme religieux avec la liberté des peuples, cela conduit à des massacres et à des injustices dont nos livres d’histoires sont hélas remplis.

Je ne tiens pas non plus à faire l’éloge des anarchistes révolutionnaires, je laisse ce soin aux nombreux libertaires qui font de Makhno leur mascotte.

Je m’adresse simplement à ce brave paysan, décrit comme un homme parfaitement ordinaire par Ida Mett qui l’a très bien connu (voir un EXTRAIT de son livre Souvenirs sur Nestor Makhno) pour lui dire qu’il n’est pas nécessaire d’être un héro ou un chef guerrier quand on défend un idéal.

Il ne faudrait pas confondre, non plus, anarchie et révolution sanguinaire. L’anarchie est un mode de vie qui refuse tout système du pouvoir ; c’est exactement l’inverse de la politique. Elle ne peut pas gouverner mais elle peut conduire à un monde sans frontières où tous les hommes seraient égaux en droit et se prendraient en charge selon un processus essentiellement basé sur l’autogestion, la cohésion sociale et le partage. Qu’il faille parfois montrer les dents et sortir du pacifisme est bien sûr envisageable mais ce n’est certainement pas la règle générale de l’esprit d’un anarchiste.

L’anarchiste le plus pur est celui qui considère que le monde ne peut pas être possédé : Un sans terre à qui appartient toute la Terre. Il vit en harmonie avec son environnement à l’image des peuples du vent. On est bien loin de notre Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen qui reconnaît un droit quasi sacré à la propriété, conséquence de tant de guerres, d’inégalités et de discriminations. Notre société n’a de cesse de suspecter, de surveiller, de traquer, de clôturer, de parquer, de ghettoïser, etc …

Ceci étant précisé, il faut bien admettre que Makhno, cet homme tout simplement, inconnu de la plupart des historiens, est devenu malgré lui une légende dans certains milieux de gauche. Tous reconnaissent son rôle majeur dans la lutte contre les armées blanches de Denikine et de Wendel mais c’est la suite de son parcours qui crée des divergences selon les sensibilités : version bolchevique ou version libertaire.

Les bolcheviques parlent des bandes de Makhno, qui deviennent avec le temps les bandits de Makhno. Puis on rajoute un peu d’antisémitisme, qui était très à la mode à cette époque dans ces lieux reculés de l’Europe de l’Est, sauf que c’est complètement faux ! La Makhnovtchina a régulièrement condamné et fusillé les manifestations anti-juives dans ses rangs sans pour autant perdre sa popularité auprès des paysans.

Les anarchistes considèrent la Makhnovtchina comme un mouvement révolutionnaire autonome de paysans dirigé par Nestor Makhno, qui ont créé des unités agricoles autogérées sur les terres des Koulaks expulsés. Mais en 1918, Lénine abandonne l’Ukraine aux Austro-Hongrois puis aux nationalistes ukrainiens alliés à Denikine ce qui entraîne un retour au tsarisme et aux privilèges fonciers de la noblesse. De 1918 à 1921, la Makhnovtchina lutte d’abord contre les Allemands puis contre l’armée blanche tsariste et leurs alliés anglais. Makhno et ses amis organisent une résistance de type guérilla très efficace, mettant en échec les plus grandes armées. La plupart de leurs armes sont prises à l’ennemi. Ils aident l’armée rouge à plusieurs reprises contre les armées blanches, d’abord celle de Denikine puis celle de Wendel. Mais l’implantation d’une société paysanne libertaire, ainsi que l’autonomie des makhnovtchistes, déplaît profondément au pouvoir central. Les rapports deviennent conflictuels entre Makhno le paysan et les autorités intellectuelles citadines bolcheviques, c’est-à-dire essentiellement Lénine et Trotsky. À partir de ce moment là, la Tcheka fait régner un régime de terreur, pillant les productions rurales au profit des villes. Les brigades d’intervention de l’armée rouge se livrent à des répressions violentes. Dans de telles conditions, un conflit sanglant éclate entre les partisans de Makhno et l’armée rouge. En novembre 1920, alors que la victoire contre les blancs est désormais assurée, c’est la grande trahison : les bolcheviques tendent une embuscade aux makhnovtchistes et massacrent la plupart d’entre eux. Makhno passe à travers ce piège et continue sa lutte avec un petit groupe jusqu’en Août 1921. Puis, blessé, il se réfugie en Roumanie, en Pologne et finalement à Paris où il meurt en 1934 dans la misère et dans l’abandon.

Peu importe si Nestor Makhno était un chef de bandes ou un simple révolutionnaire. Il a réussi à installer en Ukraine un embryon de société rurale libertaire, prouvant ainsi que l’anarchie n’est pas seulement une utopie.

Était-il un anarchiste authentique, conscient de l’importance primordiale de la liberté ? Le témoignage de Ida Mett nous éclaire un peu plus sur ce point et je terminerai sur deux extraits de son livre ; chacun se fera sa propre idée :

« Makhno avait-il vraiment une croyance en l’anarchisme dont il se réclamait comme adepte ? Je ne le crois pas. Il avait plutôt une espèce de fidélité aux souvenirs de sa jeunesse, quand l’anarchisme signifiait une croyance que tout peut être changé sur la terre et que les pauvres ont droit aux rayons de soleil. »

« Il n’était nullement un homme insouciant, au contraire, c’était dans le tréfonds de son âme un paysan économe, qui connaissait parfaitement la vie de la campagne et les espoirs de ses habitants. »